Du pétrole pour la démocratie

Le Nigeria milite auprès de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pour une augmentation de son quota de production. L’Etat, qui dément vouloir quitter l’Opep, avance qu’il a besoin de l’argent de l’or noir pour financer la démocratie dans le pays.

Le Nigeria souhaite que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) l’autorise à augmenter son quota de production de brut. Argument de l’Etat fédéral : il a besoin de la manne financière pétrolière pour soutenir la démocratie dans le pays. Pour autant, il réfute les allégations de la presse britannique, selon lesquelles il envisagerait de quitter l’Opep.

 » L’argument que nous allons avancer pour justifier notre demande (augmentation des quotas, ndrl) est que cela nous prive de fonds pour financer notre démocratie naissante (…) Il est indispensable que nous ayons assez d’argent pour assurer sa survie « , déclarait à la BBC Martins-Kuye, le ministre des Finances nigérian. 13ème producteur mondial, le Nigeria dispose des 12ème plus importantes réserves internationales. L’or noir, qui représente plus de 95% des ses recettes d’exportation, est le coeur de l’économie du pays.

Rester dans l’Opep

Créer en 1960, l’Opep représente plus de la moitié des exportations mondiales de pétrole. Pour assurer ses revenus, le cartel impose à ses membres des quotas de production pour éviter tous déséquilibres entre l’offre et la demande. L’augmentation de l’offre exerçant inévitablement une pression à la baisse sur le prix du baril, établie entre 22 et 28 dollars par l’Opep. Avec l’actuelle stabilité des cours, aucune modification sur les accords nationaux de production n’est à l’ordre du jour.

 » Le Nigeria prévoit de quitter l’Opep « , titrait il y a deux semaines la presse britannique. Solution toute trouvée pour se libérer de la tutelle de l’organisation et enfin produire à sa guise. Faux, rétorque le Nigérian Rilwanu Lukman, l’actuel président de l’Opep et conseiller d’Olusegun Obansanjo pour les Affaires pétrolières. S’il reconnaît effectivement que le Nigeria,  » comme tous les pays de l’Opep « , souhaite augmenter ses quotas, il dément les informations publiées par le quotidien The Independant et réaffirme l’allégeance du pays au Cartel.