Du basketball à Bafang : voyage dans l’univers musical d’un groupe aux sonorités… exquises

Ils sont passés du sport, précisément du basketball, à la musique devenue leur passion et leur raison de vivre. Eux, c’est Enguerran, 36 ans, et son frère cadet, Lancelot, 33 ans, les deux faces d’une même médaille : le groupe Bafang. Leur style musical, l’afro-rock, savant dosage de rock, de blues, mâtiné de makossa, avec ses envolées endiablées au rythme d’une batterie et d’une guitare. Très attachés à leurs origines camerounaises, les deux frères normands par ailleurs ont su, avec maestria, sceller un harmonieux mariage entre les couleurs musicales africaines et le rock occidental dans leur premier album, “Elektrik Makossa” dont le lancement est pour le 27 novembre. Allons à la découverte de cet univers musical unique, en compagnie de Bafang, dans un entretien exclusif.


Afrik.com : Comment en êtes-vous venus au choix du nom de la commune d’origine de votre père pour désigner votre groupe de musique ?

Bafang : C’est en tout et pour tout une envie de rendre un hommage à notre famille de Bafang et pourquoi pas, peut-être, relancer le tourisme dans cette région méconnue du Cameroun.

Depuis 20 ans que vous composez des chansons, pourquoi un premier album seulement maintenant ?

Nous avons composé d’autres albums avec d’autres groupes mais avec Bafang, c’est notre premier qu’on a réalisé en un an à peu près.

Bafang existe depuis quand ?

Le groupe a été créé en octobre 2016.

Vous aviez l’habitude de chanter en français et en anglais, mais de plus en plus en bamiléké. Votre langue paternelle est-elle en train de se substituer définitivement à ces deux autres langues ?

Oui, effectivement, nous chantions en anglais et en français, dans d’autres groupes par le passé ; mais le choix de chanter en bamiléké principalement a été encore une fois encouragé par l’envie de rendre hommage à la langue de nos ancêtres. Nous chantons aussi sur quelques morceaux en ewondo et douala.

Cette option pour le bamiléké et autres langues camerounaises passe-t-elle auprès de votre public européen ?

Oui, tout à fait. Ça provoque chez les gens une curiosité, ils se demandent quelle est cette langue qu’ils ne reconnaissent pas et ensuite vient le contact entre nous et eux, l’opportunité de leur faire découvrir une langue qu’ils n’ont pour la plupart jamais entendue. Beaucoup nous disent que ça les fait voyager.



Comment votre musique est-elle perçue au Cameroun ?

Pour l’instant, nous ne pensons pas qu’elle soit vraiment perçue au pays du fait que nous n’y soyons pas encore produits sur scène. Néanmoins côté famille, ils sont de tout cœur avec nous et très fiers d’avoir un groupe de musique au nom de leur ville.

Parlons à présent de Ngo Mee lancé tout récemment. Racontez-nous l’histoire du tube. Comment est-il né ?

Ngo Mee, c’est avant tout l’histoire d’un gars de Bafang qui nous raconte sa journée en passant par le marché, puis rendant visite à ses amis sur la route du retour à la maison, etc. C’est l’histoire du quotidien d’une personne à Bafang.
Ce morceau est né de l’envie de synthétiser une journée camerounaise à Bafang.

Votre premier album, “Elektrik Makossa” doit sortir le 27 novembre 2020. Quels sont les projets qui vont suivre ?

Après, après, après…
À vrai dire pour le moment, on n’en sait rien.
Mais notre plus grand souhait pour 2021 serait d’avoir un « Elektrik Makossa tour » qui passerait dans un maximum de villes, de salles, mais surtout qui passerait par l’Afrique et notamment le Cameroun et bien sûr par Bafang, évidemment.

Vos instruments : la guitare et la batterie, avec lesquels vous vous amusez d’ailleurs à fond. Mais pourquoi ce choix ?

C’est très simple, ce sont nos instruments respectifs depuis qu’on a commencé la musique. On a appris ensemble la batterie et la guitare.
Le choix de l’instrument s’est fait simplement grâce à nos idoles tels que Jimi Hendrix, Nkodo Sitony ou bien John Bonham, Tony Allen.

Vous êtes passés du basketball à la musique. Racontez-nous l’histoire.

Huit ans de basket en club pour nous deux à un niveau assez élevé (ce qui d’ailleurs, on le saura plus tard, nous a bien formés à la route pour les tournées futures). Nous étions fans des grands de la NBA de l’époque (Jordan, O’Neal, Pippen, Rodman, Bogues,etc.). On a voulu un peu les imiter et puis soudainement on a découvert qu’un certain Jimi Hendrix avait joué son premier concert officiel le 13 octobre 1969 à Evreux, notre ville !!! Alors, on a lâché le ballon et tout de suite acheté une guitare et une batterie. Et l’histoire a commencé !