Droits de l’Homme : l’Etat tunisien persiste dans le dialogue policier

L’avocat Khemaies Ksila a été interpellé à Tunis, à son retour du sommet euro-méditerranéen de Marseille (Euromed). Ses documents ont été confisqués. Pourtant, la Tunisie a donné des garanties pour les libertés d’expression durant ce sommet.

Khemaies Ksila, secrétaire général de la ligue tunisienne des droits de l’Homme (LDHT), a été interpellé, dimanche soir, par la police tunisienne à sa descente d’avion. Il revenait du sommet euro-méditerranéen de Marseille (sud de la France).

La police lui a confisqué une brochure traitant de la torture en Tunisie, élaborée par le comité pour les libertés des droits de l’Homme en Tunisie et quatre livres publiés par l’ONG française Reporters sans frontières (RSF).  » La police politique voulait me libérer après cette confiscation mais j’ai refusé de quitter les lieux avant qu’ils ne dressent un procès-verbal de cette arrestation arbitraire « , s’indigne Khemaies Ksila.

La prison ou le chômage

Ce militant impénitent des Droits de l’Homme est multirécidiviste. Il a été emprisonné à quatre reprises. Il est en liberté conditionnelle après deux années de détention. Il est au chômage depuis février 96 : les employeurs ne se bousculent pas pour l’embaucher. La fonction publique lui est interdite. Ses traditionnelles grèves de la faim ont permis de mettre à nu le régime carcéral tunisien, et de souligner l’absence de liberté d’expression. Pourtant, la presse locale tire à boulets rouges sur lui.  » Les journaux tunisiens orchestrent une campagne de désinformation sur la ligue des droits de l’Homme. Ils nous présentent comme des extrémistes d’extrême gauche « , constate Khemaies Ksila.

Cet acharnement médiatique n’est, selon lui, qu’un avatar de plus du caractère non-démocratique du régime tunisien. Et de citer pour preuve l’action en justice de quatre anciens dirigeants de la ligue qui contestent les résultats du dernier congrès de la LDHT.  » C’est l’Etat qui est derrière ce procès. Il veut briser la ligue par tous les moyens « . Le procès a été fixé pour le 25 décembre.