Droit de vote des étrangers : cacophonie entre Valls et Hollande

Le droit de vote des étrangers non communautaires figure dans le programme de François Hollande. Suite à la tribune en faveur de cette loi de 75 députés français, publiée ce mardi dans Le Monde, Manuel Valls est monté au créneau pour assurer qu’il ne s’agissait pas « d’une revendication forte », ni d’un « élément puissant d’intégration ». Une intervention qui sonne comme un désaveu de la promesse du président de la République.

La promesse de François Hollande a du plomb dans l’aile. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est en effet monté au créneau ce lundi pour répondre aux 75 députés français qui ont publié une tribune dans Le Monde pour octroyer dans les meilleurs délais le droit de vote aux étrangers. Manuel Valls affirme qu’il ne s’agissait pas « d’une revendication forte », ni d’un « élément puissant d’intégration ». Une façon, pour lui, de repousser aux calendes grecques le vote de cette loi, promesse de campagne du président de la République.

Néanmoins, ce qui importe, c’est la décision de François Hollande de tenir ou non sa promesse. Et si l’on en croit Alain Vidalies, ministre chargé des Relations avec le Parlement, l’actuel occupant de l’Elysée n’entend pas reculer face à la fronde de son ministre de l’Intérieur.

Modifier la Constitution, mais comment ?

Même si Manuel Valls a tenu à clarifier sa position, soulignant qu’il ne remettait pas en cause l’autorité de François Hollande, son intervention sonne comme un désaveu de la promesse de campagne du président français.

Quoi qu’il en soit, la Constitution française aura le dernier mot. Pour accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires, il faudrait d’abord « changer l’article 3 de la Constitution, indiquant que les électeurs sont les nationaux français majeurs », rappelle LeJDD.fr. Pour ce faire, le Parti socialiste et ses alliés doivent disposer de la majorité des 3/5 au Congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis). Ce qui n’est pas le cas.

Reste le recours au référendum pour sauver le droit de vote des étrangers, cher à François Hollande. Au risque de diviser les Français, l’agenda politique est bien chargé pour consacrer du temps à une consultation populaire.

A l’UMP, Jean-François Copé et François Fillon, tous deux candidats à la présidence du parti de l’opposition, répondent en ordre dispersé à François Hollande. Le premier l’exhorte à « clarifier ses intentions » et à soumettre « immédiatement » cette réforme au référendum. Quand le second, enjoint le président français d’y renoncer purement et simplement.

Le droit de vote des étrangers va-t-il encore être une promesse de campagne non tenue ? Depuis 1981, l’année de l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, les socialistes ont régulièrement renoncé à cette volonté d’accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires. Bis repetita en 2012 ?

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