Droit de réponse de la S.A BOLLORE

Paris, lundi 4 avril 2011

Objet : Droit de réponse

Monsieur le Directeur de la Publication,

Vous avez publié, sur le site internet Afrik.com, dont vous êtes le Directeur de la publication, un article intitulé : « Port de Conakry : la contre-attaque de Getma contre Bolloré », directement accessible à l’adresse suivante :

http://www.afrik.com/article22348.html

Cet article met en cause la S.A BOLLORE dont je suis le Directeur Général, en charge de l’Afrique.

Je déplore que vous ayez décidé de livrer à vos lecteurs une présentation aussi erronée des conditions dans lesquelles la concession du port autonome de CONAKRY a été attribuée à BOLLORE S.A.

Je déplore également que n’aient pas été recherchées les conditions dans lesquelles cette concession avait, dans un premier temps, été attribuée à GETMA.

Pour l’ensemble de ces raisons, et conformément aux dispositions de l’article 6, IV de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, combinées à celles de l’article 13 de la loi du 29 juillet 1881 su la liberté de la presse, je vous demande de bien vouloir porter à la connaissance de vos lecteurs le droit de réponse suivant émanant de la S.A. BOLLORE :

« En date du 17 mars 2011, votre site internet croit devoir émettre de graves soupçons sur les conditions dans lesquelles la République de Guinée et son Président démocratiquement élu, Monsieur Alpha Condé ont décidé d’attribuer au Groupe BOLLORE la concession du port autonome de Conakry.

Quelques précisions s’imposent pour éclairer les internautes de Afrik.com. L’appel d’offres international de 2008 remporté par Getma, a vu le Groupe BOLLORE, qui gère et opère 13 concessions portuaires en Afrique, arrivé second, le groupe APMT, 1er armateur mondial, 3ème, et le port de Barcelone, référence s’il en est en Méditerranée, arrivé 4ème.

Dès 2008, plusieurs interrogations se font jour sur les conditions d’attribution de cette concession à Getma.

La première concerne son dossier de candidature. Getma a prétendu et écrit, pour se qualifier, qu’elle avait « conçu, financé, réalisé et exploité les terminaux à conteneurs d’Anvers en Belgique, de Longbeach aux Etats-Unis et de Las Palmas en Espagne » ce qui est totalement faux. Au plan du droit, dans tout code général des marchés, une telle déclaration entraîne automatiquement une résiliation du contrat de concession.

Seconde interrogation : la direction du Port Autonome de Conakry, première intéressée et seule compétente pour l’appel d’offres sur le port, s’est constamment plainte, y compris par écrit, d’avoir été délibérément écartée du processus d’appel d’offres en 2008, ce qui est contraire à toutes les règles observées dans le secteur, en Afrique ou partout dans le monde.

Troisième interrogation : les conditions fiscales arrachées par Getma dans sa concession et qualifiées de léonines dans un audit réalisé par le cabinet Ernst and Young, à la demande du port autonome de Conakry. Des conditions fiscales qui exonèrent Getma pendant toute la durée de la concession de tout impôt, droit et taxes, ce qui est contraire à toute pratique dans les appels d’offres et représente pour l’Etat concédant un manque à gagner scandaleux.

Quatrième interrogation : les investissements que Getma s’était engagé à réaliser n’ont pas été tenus. Dans sa convention de concession, Getma s’était engagé à investir 93 millions d’Euros en 2 ans. Deux ans après avoir obtenu la concession, 3 millions d’Euros seulement ont été réalisés selon les aveux même de l’un de leurs responsables sur les ondes d’une radio internationale.

Sur la foi de ce rapport, quelques jours avant sa mort, le 22 décembre 2008, le général-président Lansana Conté a suspendu une première fois la convention de concession accordée à Getma. Son successeur, Dadis Camara, le fera une seconde fois. Ce qui est une première dans les annales des concessions en Afrique.

Le nouveau président, démocratiquement élu, Alpha Condé, a décidé de remettre à plat tous les contrats léonins conclus avant son arrivée au pouvoir. Le port est pour la Guinée une infrastructure essentielle au développement du pays. C’est pourquoi l’Etat guinéen a décidé de résilier la concession accordée à Getma. Le port autonome de Conakry s’est ensuite naturellement retourné vers le Groupe Bolloré, arrivé second lors de l’appel d’offres de 2008, comme le prévoit les textes.

La décision de résilier un contrat est une décision légale et légitime d’un Etat souverain, prévue par le code général des marchés publics. C’est ce qu’a fait le président Alpha Condé. La réquisition qui s’en est suivie est la seule forme légale qui permette d’éviter un blocage du port.

Aucun salarié de Getma ne se trouvant sur les lieux lorsque les forces de l’ordre se sont présentées devant les grilles de l’entreprise, le soir où le décret de réquisition a été rendu public, aucun n’a été expulsé de force.

Le lendemain, des responsables du port autonome de Conakry se sont rendus devant l’entreprise Getma, accompagnés de quelques éléments de la gendarmerie, chargés de veiller à la sécurité des biens indispensables à l’activité. C’est un cadre de Getma qui a ouvert les grilles de l’entreprise. Les salariés ont été dûment informés. Tout s’est déroulé dans le calme. Deux huissiers mandatés par le port autonome de Conakry étaient présents pour établir des procès verbaux contradictoires.

Soucieux de l’intérêt économique de la République de GUINEE, le Groupe BOLLORE met tout en œuvre pour que, après deux années de sommeil, le port de CONAKRY retrouve, au plus vite, une activité optimale.

Ce sont, à terme, plus de 500 millions d’euros, dont 150 millions en trois ans, que le Groupe BOLLORE prévoit d’investir à CONAKRY afin, notamment, d’y multiplier par trois la capacité du terminal conteneurs et de développer l’activité économique de la région.

Le groupe BOLLORE réfute évidemment les graves accusations de corruption, brandies par GETMA et ses Avocats, que relaie votre site internet.

Il a, à ce propos, chargé son Avocat, Maître Olivier BARATELLI, de poursuivre en diffamation tous ceux qui les colporteraient à nouveau ».

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur de la Publication, en l’assurance de mes sentiments les plus distingués.

Dominique Lafont
Directeur Général Afrique