Djazia Satour : ses paroles, sa musique

En arabe, en anglais, Djazia Satour, jeune chanteuse algérienne, transmet sa joie et sa mélancolie dans Klami (Distrib. Musicast), un disque abouti et stylistiquement varié. L’album de la maturité.

Djazia Satour est une jeune artiste algérienne, née dans les années 80 à Alger et arrivée en France en 1990, comme beaucoup d’Algériens fuyant en famille l’islamisme et la guerre civile qui sévit alors. Installée à Grenoble, elle avait créé à 19 ans, avec 3 amis musiciens, le groupe MIG, et sorti un premier album, Dhikrayat (“Souvenirs” en arabe): trip hop mêlé de sons jungle et tsiganes, avec de beaux textes en arabe, français et anglais, qui a tourné un peu partout en France sur les scènes électro. «Chanter en arabe me permet de renouer avec ma langue maternelle et si je pouvais faire un disque uniquement en arabe, je le ferais sans hésiter», déclarait-elle alors.

Revoilà Djazia en solo (Klami veut dire “Mes paroles”), dans un album excellent, stylistiquement très varié, qu’elle a entièrement auto-produit. Le disque s’ouvre sur un reggae, en arabe: la chanson-titre “Klami”. “Stories” qui suit est chanté en anglais, dans un style vocal et instrumental qui rappelle Norah Jones: ici l’Algérie ou l’Orient sont totalement absents. “Temet Liyam” , chanson douce dans le style “raï-love” qu’avait développé le regretté Cheb Hasni, assassiné par les islamistes en 1994. Avec “Unknown” et “Voodoo Night”, Djazia nous offre deux titres bien pulsés, avec une belle voix puissante et profonde qui s’apparente à certaines voix féminines afro-américaines: mais Djazia est Africaine, du Nord… L’album alterne ainsi chansons en arabe – douces la plupart du temps, avec un accent nostalgique ou mélancolique, parfois accompagné d’un violoncelle, comme dans “M’sira”-, avec des chansons en anglais plus rythmées.
Au total un album qui traduit une grande maturité musicale: une jeune star algérienne de la chanson est née !

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