Diego peint Rêve d’Afrique

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Le peintre guadeloupéen Mandret Frederic Diégo parle de son œuvre Rêve d’Afrique, une série de tableaux sur lesquels il travaille depuis plus de dix ans. Le directeur général des services de Thorigny-sur-Marne, en région parisienne, est un autodidacte de 40 ans qui aime peindre son imaginaire africain.

Reve_d_Afrique_4.jpgDes couleurs vives et un bleu dominant. Les tableaux de Mandret Frederic Diego, guadeloupéen de 40 ans vivant en région parisienne, sortent de l’imaginaire africain de son peintre. Le directeur général des services de Thorigny-sur-Marne, une commune en Ile de France est un autodidacte qui a voyagé et travaillé en Afrique. Après des études d’art plastique, d’histoire de l’art et de communication visuelle à l’université Paris 8, le travailleur social et ancien joueur de handball, déjà amateur de dessins, s’est tourné vers la peinture. Diego a exposé dans des restaurants de la capitale française. Ses œuvres, d’un style brut, sont empreints de mélancolie. Interview de l’artiste.

Afrik.com : Quel est le sujet de vos œuvres ?

Diego :
Rêve d’Afrique est une longue série de tableaux sur lesquels je travaille depuis 10 ans. Les tableaux sont inspirés des voyages que j’ai faits dans différents pays africains et des caraïbes. Je baigne dans l’univers africain. Que ce soit mes amis qui y sont originaires, les plats que je mange etc. Je suis allé en Afrique en pensant: «ca va aller, je connais le contient». En fin de compte, je me suis rendue compte que ce n’était pas totalement ce que je croyais.

Reve_d_Afrique_8.jpgAfrik.com : Vos peintures sont très colorées. Êtes-vous influencés par un style pictural ou une époque particulière de l’histoire de l’art ?

Diego :
J’apprécie la période allant du 19ème au début du 20ème siècle. Un des artistes qui m’a le plus marqué pendant mes études d’histoire de l’art est Klimt. Dans mes tableaux, les couleurs reflètent ce que je voie. J’empreinte l’imaginaire occidental. Dans cet imaginaire, les personnages dans l’art africain sont longilignes, élancées, et les couleurs chaudes en sont une caractéristique. Mais j’essaie aussi de tourner en dérision cette vision, en peignant mes personnages en bleu par exemple. Puisque l’on nous appelle noirs, pourquoi pas nous peindre en bleu? Il s’agit d’un regard désabusé sur la manière dont on nous perçoit.

Afrik.com : Comment passe-t-on du peintre autodidacte au professionnel qui fait des expositions ?

Diego :
On n’y va pas tout seul. Après mon premier voyage en Afrique, en Éthiopie, je suis revenue avec des photos, des croquis, et pleins d’images. Je dessinais déjà et je me suis dis pourquoi pas la peinture. Il me manquait les couleurs pour traduire tout ce que j’avais Reve_d_Afrique_6.jpgvu. Je me suis donc lancé dans la peinture à l’huile. Progressivement, je me suis construit une technique. Ce n’est que longtemps après que je me suis tourné vers les livres d’apprentissage. J’ai longtemps gardé pour moi les tableaux que je peignais avant de les monter à mes amis. La confiance vient avec les encouragements de ses proches. Aujourd’hui je n’expose pas tant que cela. J’ai exposé dans beaucoup de restaurants, mais ça demande beaucoup de travail pour peu de retombées. Mais aujourd’hui je suis plus dans une démarche militante.

Afrik.com : Ressentez-vous certaines lacunes notamment techniques ?

Diego :
Oui certainement. Mais ca ne me gêne pas. J’ai fait une année dans une école d’art appliquée, cependant j’ai du abandonner pour des raisons économiques. Je fais volontairement des peintures aplats (surface de peinture uniforme). Elle est naïve et fait référence à beaucoup de choses. Je peins à l’instinct.

Afrik.com : Avez-vous programmé des expositions prochainement en France ?
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Diego : Une grande exposition est programmée lors du Festival international de géographie du 6 au 9 octobre dans les Vosges (nord-est de la France). Le thème cette année est l’Afrique. Sinon j’ai des projets, notamment un projet d’exposition à Paris, mais la date n’est pas encore arrêtée, et un autre de regroupement d’artistes. Il consistera en une exposition collective d’artistes africains pour 2013 ayant pour thème le 6ème continent.

Afrik.com : Pensez-vous exposer un jour en Afrique ou dans les Caraïbes ?

Diego :
J’espère bien. C’est aussi pour cela que je travaille.

 Le Festival international de géographie, édition 2011

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