Deux suspects de Gueï arrêtés

Accusés par l’ancien chef de la junte d’avoir commandité une tentative d’assassinat contre lui, Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly ont été arrêtés aujourd’hui 9 novembre. Le nouveau pouvoir s’était pourtant prononcé pour la grâce. Nouvel épisode du méli-mélo ivoirien.

Alors que le pays fêtait, le 9 novembre, ses  » centaines de martyrs de la seconde République « , les vieux démons de la politique ivoirienne semblent revenir à grands pas. Les anciens numéro 2 et 3 de la junte, Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly ont été arrêtés sur décision du procureur de la justice militaire. Ils sont accusés d’avoir commandité une tentative d’assassinat du général Gueï, l’ex-chef d’Etat, dans la nuit du 17 au 18 septembre dernier.

Selon un bilan officiel, l’attaque de la résidence du général Gueï à Abidjan avait fait deux morts du côté des soldats  » loyalistes « . L’événement avait été suivi d’une purge dans les rangs de l’armée menée par Boka Yapi, le chef de la garde présidentielle de l’époque, en personne. Selon des soldats interpellés, puis libérés au lendemain des élections du 22 octobre, quatre suspects auraient péri sous la torture.

Libérés par Gbagbo

Considérés comme des proches d’Alassane Ouattara, le leader du Rassemblement des républicains (RDR), Lassana Palenfo et Abdoulaye Coulibaly ont toujours invoqué le  » coup monté  » pour se disculper. Il s’étaient réfugiés dans la résidence de l’ambassadeur du Nigeria dès que les accusations de  » complicité  » de tentative d’assassinat et d’  » atteinte à la sûreté de l’Etat  » avaient été rendues publiques.

Cette arrestation n’est pas sans jeter le trouble dans un pays qui panse les plaies des violences de ces dernières semaines. D’abord, le régime militaire n’avait jamais réussi à présenter la moindre preuve contre ces généraux, ce qui ne l’a pas empêché de lancer un mandat d’arrêt international contre eux. Ensuite, l’actuel président, Laurent Gbagbo, avait assuré durant sa campagne qu’il gracierait les militaires s’ils venaient à être condamnés. Mieux : les prétendus complices des deux militaires avaient été libérés le 25 octobre au cours d’un assaut des troupes ralliées à Gbagbo contre la garde présidentielle qui tenait le camp d’Akouédo. Depuis le 1er novembre, Palenfo et Coulibaly n’avaient pas quitté leur domicile.

Simple procédure ou avertissement feutré aux militaires proches de Ouattara afin de désamorcer toute velléité putschiste ? Réponse au prochain épisode de l’Histoire de la Côte d’Ivoire, qui prend ces jours-ci, il est vrai, des allures de feuilleton à succès.