Deux pour le prix d’une

Alors que l’Occident commence tout juste à prendre conscience de la terrible famine qui menace toute l’Afrique australe, le Programme alimentaire mondial nous apprend que ce n’est pas une année noire que devra affronter la sous-région mais deux. A l’aube de 2003, il nous annonce d’ores et déjà que 2004 concurrencera, elle aussi, le pire. 14 millions de personnes seront encore dans le collimateur de la Grande Faucheuse. Nouvelle saignée sur les terres arides du Continent.

Les fermiers fuient leur petit coin de ciel désespérément bleu. Ils abandonnent leurs terres, les laissant à l’impitoyable astre solaire. Plus de récoltes, plus de bétails, rien. Rien a se mettre sous la dent si ce n’est de se résoudre à mordre la poussière. Les appels à l’aide internationale ne sont malheureusement que rarement entendus à temps. Prévenir vaut mieux que guérir. Mais l’urgence fait loi. Pas d’urgence pas de mobilisation. Chronique d’une faim annoncée.

Les médias, et en particulier la télé, grands catalyseurs d’actions ont les yeux tournés ailleurs. Vers le Moyen Orient et la guerre qui menace en Irak. Famine. Un seul mot pourtant pour un drame. Cliché occidental de l’Afrique. On se souvient de l’Ethiopie de 1984 qui avait tristement médiatisé les affres de la faim avec ces images insoutenables de squelettes vivants aux grands yeux vides, on se rappellera du Zimbabwe, de la Zambie ou du Malawi de 2003. Et de 2004 à en croire les Nations Unies. Sauf si…