« Deux jours pour changer le Cameroun » : entretien avec le président du NMP Banda Kani


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Monsieur Banda Kani, président du Nouveau Mouvement Populaire (NMP)
Monsieur Banda Kani, président du Nouveau Mouvement Populaire (NMP)

Réuni à Douala les 25 et 26 juillet 2026, le Troisième Congrès national du Nouveau Mouvement Populaire (NMP) a donné naissance au Parlement populaire panafricaniste. À l’issue de cette rencontre, le président du NMP, Banda Kani, est revenu sur les objectifs des travaux, les orientations stratégiques du mouvement, sa lecture du panafricanisme au Cameroun ainsi que sa vision des enjeux politiques, géopolitiques et institutionnels du pays.

Lors des Travaux de la phase II du Troisième Congrès National du Nouveau Mouvement Populaire (NMP), tenus du 25 au 26 juillet 2026 à Douala, le Parlement populaire panafricaniste a vu le jour. A l’issue de cette rencontre, Afrik.com a interrogé Banda Kani, président de ce parti politique, pour plus d’éclaircissements.

Monsieur le président Banda Kani, quel était le fil conducteur et l’objet des travaux de deux jours à Douala ?

Le thème choisi lors des Travaux de la phase II du Troisième Congrès National était : « Pour une Action Exceptionnelle de Dieu, Père Universel de Tous, en Faveur du Cameroun : la Parole en Mouvement » : Phase II. La Phase II de l’Action exceptionnelle du Vrai Dieu en faveur du Cameroun avait pour objet, après la phase I qui a consisté en la préservation de notre pays, de toute déstabilisation pré et post-électorale à l’occasion de la dernière présidentielle du 12 octobre 2025 ; de conjurer l’issue néocoloniale déclinée ci-dessus en apportant un soutien stratégique au chef de l’État dans le rôle qui est le sien dans la manifestation du Plan Divin pour le Cameroun.

Comment réussir un tel challenge sans revisiter toute l’histoire du pays de 1960 à nos jours pour en dégager la quintessence historique mais surtout géospirituelle ??? Comment réussir le challenge si les nouvelles générations ne sont pas au rendez-vous ? Le Président Patriarche (Paul Biya) a tendu la main aux jeunes et aux femmes ; et non à un parti politique. Il faut préparer les jeunes et les femmes à assumer leur responsabilité historique. Les différents ateliers qui meubleront l’évènement, sont des lieux où l’on aide ces jeunes et ces femmes à mettre leurs pieds à l’étrier des enjeux qui travaillent le Cameroun, leur pays et façonnent l’avenir du pays, leur avenir. Que nos cœurs cessent de battre si nous n’éprouvons pas un Divin Plaisir à être à l’avant-garde d’une telle œuvre !

Que peut-on retenir de cet événement ?

La phase II du troisième Congrès National se situe dans la continuité des autres évènements à caractère stratégiques qui l’ont précédé. Elle vise donc la consolidation des avancées qualitatives dans la lutte Panafricaniste et ce, malgré le tumulte des flux et des reflux propres à celle-ci. L’enjeu du combat panafricaniste étant, ne l’oublions pas, la transformation des rapports socio-économiques, des rapports géopolitiques, des rapports politiques et stratégiques en interne comme en externe ; en Afrique et au niveau global par conséquent au Cameroun. Quand les choses bougent au Cameroun, elles bougent (et font bouger l’Afrique) en Afrique et font bouger le Monde. Ainsi, n’avons-nous pas cessé d’affirmer depuis plus d’une quinzaine d’années ceci : Les problèmes nationaux sont en même temps des problèmes continentaux dans le même temps qu’ils sont des problèmes globaux et vice-versa. Il ne suffit pas de le dire, encore faut-il que notre démarche stratégique reflète cette pensée, ce principe. Et comme dans le cadre du Renouveau Panafricaniste,

La Parole, c’est l’Action et l’Action c’est la Parole, les Panafricanistes ont parlé, n’ont fait que parler. Ils ont manifesté le Verbe et celui-ci s’est fait chair. Il s’en est suivi le plus puissant Mouvement d’élucidation et de transformation politique et géopolitique que l’Afrique ait connu depuis la vague historique de la décolonisation formelle du continent des années 50 et 60 (bien sûr qu’il y a eu le plan d’action de Lagos et le grand espoir qu’il suscita auprès d’une certaine classe moyenne africaine dont une certaine élite intellectuelle africaine des années 80, il y a eu le moment Sankara, l’avènement de l’Union Africaine depuis le Sommet de Syrte en Libye tenu les 1er et 2 mars 2001, la séquence de l’arrivée du Président Laurent Koudou Gbagbo au pouvoir en Côte d’Ivoire en l’an 2000 et les évènements qui vont s’en suivre ; tout ce qui a préparé le terrain au Renouveau Panafricaniste).

« Il a fallu, pour ce faire, renouer avec l’ambition historique, l’Audace Géopolitique et Stratégique de Niveau Global »

Reprenant les enjeux historiques qui ont meublé ces processus, le Renouveau Panafricaniste a actualisé la problématique du passage de la décolonisation formelle du continent à une décolonisation réelle, effective de ce dernier. Il a fallu, pour ce faire, renouer avec l’ambition historique, l’Audace Géopolitique et Stratégique de Niveau Global. Il a fallu reprendre le flambeau de l’Initiative Historique que les évènements de la Libye et de la Côte d’Ivoire avaient gelée. Et, ce dégel de l’Initiative Historique, il fallait l’élever au Niveau Global, intellectuellement, géopolitiquement et stratégiquement parlant. Les Panafricanistes ont parlé fort, très fort comme le faisait le Capitaine Thomas Sankara en son temps. Nous avons cassé les codes, liquidé le conformisme néocolonial, imposé une nouvelle grammaire et un Nouveau langage à la diplomatie.

Selon vous, les portes de la Géopolitique sont-elles désormais ouvertes ?

Les portes de la Géopolitique bien closes, se sont désormais ouvertes aux peuples et aux dirigeants africains qui s’y sont d’ailleurs engouffrés. Une nouvelle ère historique est actée dans le continent avec ses incidences sur la géopolitique mondiale. Le Nouveau cycle de la décolonisation a été inauguré. Il continue son cours. On le reconnait par ses effets : émergence d’une puissante opinion publique afro-mondiale, révolution des mentalités sur le continent, avènement de la Confédération des États de l’Alliance du Sahel, assignation à un renouvellement structurel des organisations sous-régionales (CEDEAO, CEMAC, CEEAC), imposition d’une Transition monétaire dans la Zone Franc, Imposition d’une nouvelle architecture des relations entre la France et l’Afrique, l’ONU et l’Afrique, l’Occident Collectif et l’Afrique, etc… Cette transformation des relations de l’Afrique avec le Monde, aurait une Nouvelle Accélération avec l’Ouverture d’un Nouvel Âge en ce qui concerne l’exigence de réparation des dégâts de l’esclavage transatlantique en Afrique ; exigence relancée par la récente résolution de l’ONU lors de son Assemblée Générale du 25 mars 2026 qualifiant le Traite Transatlantique et l’esclavage racialisé des africains, de « Plus grave crime contre l’Humanité ».

Ceci n’est que le résultat du Combat historique mené par les précurseurs du Mouvement de la revendication des réparations depuis le XIXe siècle reprise dans le courant du XXe siècle (précisément dans les années 1990) dans le cadre de l’internationalisation dudit combat avec le MIR (Mouvement International pour la Réparation). Là encore, dans le cadre du Renouveau Panafricaniste, le NMP et son Président, auront joué un rôle de premier plan pour non seulement renforcer la visibilité de ce combat spécifique mais, surtout rétablir de nouveaux Ponts entre l’Afrique, les Antilles et les Caraïbes. Aussi paradoxalement que cela puisse paraître, la Puissance du Renouveau Panafricaniste peut être évaluée à l’aune de l’anti-panafricanisme de type primaire, conduit par la France dont la dernière séquence s’est tenue à Nairobi, à l’occasion de la honteuse grande messe (néo)colonialiste intitulée : « Africa Forward », les 11 et 12 mai 2026. A cette occasion, l’apprenti néocolon de Président français Emmanuel Macron s’est autoproclamé « seul vrai panafricaniste ».

Comme quoi, le plus vieux face à face historique opposant l’Afrique et l’Occident, connaît une accélération sans précédent. Le Panafricanisme renaissant en est l’aiguillon, le Moteur. Et le NMP et son Président National en sont l’avant-garde. En toute conséquence, les pionniers du Renouveau Panafricaniste n’ont pas à s’abaisser plus bas que Terre, au niveau des seconds et troisièmes couteaux, des lèches-bottes, des serpillères et autres marchepieds au service du néocolon français et occidental quand dans la dure compétition à laquelle les soumet le maître français, les uns aux autres ; ces « évolués » d’un autre genre, pour gravir les échelons de l’anti-panafricanisme primaire et réactionnaire, se livrent à des insultes les plus viles et autres calomnies envers les Panafricanistes : sont-ils dignes de délier nos souliers ??? Ils ne peuvent pas être des interlocuteurs. Les Vrais Panafricanistes (il y en a beaucoup de faux !!!) opèrent à un niveau qui leur est très supérieur.

En quoi le Renouveau Panafricaniste peut-il servir aux Nouvelles Générations africaines ?

En embrasant les Nouvelles Générations africaines, le Renouveau Panafricaniste met en exergue un « Nouveau » Nationalisme Africain. Il ne faut pas, de ce fait, cesser de donner aux Nouvelles Générations, et ce quotidiennement, les armes immatérielles (qui finissent toujours par se matérialiser au sens où Karl Marx l’entendait) qui leur permettent de s’impliquer ; en toute conséquence dans ce chantier historique. Transmettre conformément à ce que nous avons reçu des Pères fondateurs, des précurseurs ; encadrer les nouvelles générations, assurer le lien de continuité entre les générations de Panafricanistes ; tel est le sens, entre autres, des actions du NMP.

Quel regard jetez-vous sur le Panafricanisme au Cameroun ?

Nous disons que c’est dans ce pays que l’on trouve l’avant-garde et le foyer du Panafricanisme renaissant. Les simples d’esprit, les bons ignorants des enjeux et autres subtilités du Panafricanisme, la France avec eux ; nous ont, depuis belle lurette, mis au défi de réaliser d’abord le changement Panafricaniste au Cameroun avant « de parler des autres pays ». Quand la France, les simples d’esprit et les bons ignorants fusionnent dans l’anti-panafricanisme primaire, c’est pour pondre ce genre d’âneries comme si la France après avoir esclavagisé ici, colonisé là-bas, massacré, ethnocidé, génocidé tantôt là, tantôt ici, avait renoncé à se revendiquer de son destin universaliste, avait renié ‘’l’Universalité de ses valeurs’’. A cette cohorte, nous disons ceci : à l’ombre du Patriarche Président Paul Biya, le feu du Renouveau Panafricaniste est parti du Cameroun pour embraser le Monde.

« Le pays a accumulé un extraordinaire savoir-faire en matière de neutralisation des manœuvres de déstabilisation »

Sauf à se méprendre sur les implications, sur le « coût » de l’engagement panafricaniste, sur le rapport des hauts lieux stratégiques occidentaux au Panafricanisme (comme le montrent à souhait les moyens colossaux que la France mobilise et déploie pour en finir avec le Panafricanisme), l’on ne peut mesurer le poids des responsabilités que le Cameroun a dû (et supporte encore) supporter pour être à la fois le foyer et l’avant-garde du Renouveau Panafricaniste. Ce n’est pas par le hasard que l’on se retrouve ‘’au-devant de ces choses-là’’, nous sommes là au cœur de la Vocation du Cameroun dans le concert des Nations. Le Panafricanisme Renaissant, c’est trois (03) ou quatre (04) apports qui auront changé la donne politique, géopolitique et stratégique au Cameroun :

1) Le dégagement des significations historiques de l’action du Patriarche Président au regard de sa longévité au Pouvoir.

2) Le renversement de l’ordre du discours politique au Cameroun par le déclassement de l’anti-biyaisme primaire qui tenait lieu d’horizon politique indépassable dans le pays.

3) L’imposition d’une nouvelle grille d’analyse des contradictions internes au pays. Ce qui a permis de démasquer l’endocolonat qui, avançait sous le masque de l’antibiyaisme primaire.

4) Le rétablissement de la Vérité de la hiérarchie des contradictions nationales alors que celle-ci avait été, pendant longtemps niée et inversée ; conséquence : la France et le colonat international ont été exposés tel quels, à la face du peuple. Une vision systémique du Problème National Camerounais challenge désormais l’approche néocolonialiste qui dominait le débat Politique dans le pays. Renouvellement et élargissement de la Conscience historique et politique de la Nation, meilleure perspectivation de l’action du chef de l’État, libération de l’horizon stratégique du pays ; tout ce qui a permis un desserrement progressif de l’étau endocolonial autour du chef de l’État et une meilleure préparation des populations face au péril des déstabilisations et autres menaces géopolitiques. La dynamique du Renouveau Panafricaniste, le génie historique et stratégique du chef de l’État (et donc, de l’Armée) ont donné au pays les moyens politiques et stratégiques permettant de déstabiliser les déstabilisations et de faire échec jusqu’alors à l’aboutissement des manœuvres de recolonisation.

Le pays a accumulé un extraordinaire savoir-faire en matière de neutralisation des manœuvres de déstabilisation. Le Cameroun est une Exception. Aucune force au Monde ne peut déstabiliser le Cameroun. Une fois que nous avons fini de dire toutes ces choses, les détracteurs sont en droit de nous objecter : neutralisation de la déstabilisation pour neutralisation de la déstabilisation, est-ce une fin en soi ??? N’est-ce pas un hymne maléfique à un statu quo se nourrissant de ‘’neutralisation de la déstabilisation’’ pour mieux masquer une impasse néocoloniale qu’on veut résoudre par un changement néodynastique et/ou de façade (un baron néocolonial succédant au Chef de l’Etat actuel) au Sommet de l’Etat ??? Est-ce à cela qu’aurait servi le Panafricanisme au Cameroun ???

Ce risque est réel si l’on prend l’affaire à partir d’un angle qui confond soutien stratégique au Chef de l’Etat et appartenance au Régime et tout ce qui va avec. Le Positionnement politique, géopolitique et stratégique du NMP est un démenti radical à une telle approche. Le NMP n’est pas du Régime. Il est de l’opposition systémique, qui s’oppose au système néocolonial dans son ensemble. Ce qui le situe au-dessus du clivage classique néocolonial : opposition d’un côté, contre le Pouvoir, de l’autre côté. Le NMP n’est dans aucun Ordre ésotérico-politique au Cameroun or, c’est dans ces Ordres que l’on organise le dépassement des clivages politico-partisans dans l’Unité ésotérique.

Et concernant la succession à la tête du Cameroun ?

Quant à la succession du Patriarche, le NMP (Nouveau mouvement populaire) est en première ligne contre vents et marées, dans la dénonciation de tout projet de type néo-dynastique ou de façade là où les autres forces politiques et sociales se livrent à des arrangements souterrains avec les clans endocoloniaux en lutte et en lice pour la succession du Patriarche Président. Le NMP est le seul parti qui n’a pas cessé d’exposer la réalité endocoloniale dans le pays. La conséquence est que le NMP n’est inscrit dans aucun réseau plus ou moins occulte en interne comme en externe en vue de la conquête du Pouvoir.

S’il y a un parti au Cameroun qui incarne le Véritable Souverainisme Panafricaniste, c’est assurément le NMP. Est-ce un hasard ? C’est la constance intrépide depuis des décennies dans le combat pour l’indépendance effective et l’émancipation économique et culturelle de l’Afrique et du Cameroun qui justifie cette Position dans le paysage politique camerounais. Alors, trêve de plaisanteries !!! On ne peut pas et ne pourra pas intenter au NMP, le procès d’un Panafricanisme d’accompagnement « ayant conduit le pays dans un changement néo-dynastique ou de façade ». Nous travaillons d’arrache-pieds en risquant nos vies pour éviter une telle issue. Il n’y a qu’à voir sur quoi le NMP s’appuie pour arriver au Pouvoir d’État : LA PAROLE EN MOUVEMENT.

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