Destination Tanger avec le Petit Futé

A LA DECOUVERTE DE TANGER :

Capitale de la Maurétanie, terminus des caravanes, antichambre de l’hégire, porte de l’Afrique et de la Méditerranée, puis terrain de plaisir un peu mélancolique pour les demi-soldes du monde moderne, Tanger, avec ses mystères, ses fumeurs de kif, sa médina, ses guirlandes d’arômes, ses étrangetés, ses ombres et ses façades blanches, exerça de tout temps une puissante fascination sur les aventuriers, les voyageurs et les artistes. Paul Morand, Beckett, Delacroix, Matisse, Truman Capote, Tennessee Williams, les Rolling Stones, Jane et Paul Bowles ont tous été citoyens de ses collines insouciantes. Et Tanger n’a cessé de les inspirer. Il faut dire que « Tanger sait recevoir. Le climat est mauvais pour le coeur mais bon pour les passions. On raconte beaucoup de choses, aucune importance, tout est vrai. La mémoire de la perfection d’autrefois est partout, dans les parcs d’eucalyptus, dans les jardins des palais du Marshan où les fontaines sont muettes mais où les fl eurs des arbres ressemblent à des papillons, dans les ruelles joyeuses de la casbah.

Certains Tangérois ont pourtant du vague à l’âme. Ils regrettent le bon temps, la zone internationale… Naturellement, ils se trompent. Ce n’est pas le vieux Tanger qu’ils pleurent devant un Martini chez Porte ou au bar du Minzah. C’est leur jeunesse. » (Daniel Rondeau, Tanger) Ecrire le guide d’une ville comme Tanger demande une attention particulière : c’est que Tanger est perçu différemment par chacun de ses visiteurs, tout dépend du passé de chacun. Il faut partir à la recherche de tous les petits détails qui signifient quelque chose pour chaque autochtone comme pour chaque étranger. Les uns et les autres s’y reconnaîtront sûrement. Connaître Tanger, ville ténébreuse et nostalgique, c’est entendre quand elle vous parle, sans toujours la comprendre…