Des Tchadiens portent plainte contre Idriss Déby pour tortures et exécutions de prisonniers

Une plainte contre le Président tchadien Idriss Déby pour actes de tortures et exécutions de prisonniers a été déposée ce mercredi devant les chambres africaines extraordinaires, à Dakar, la capitale sénégalaise, pour acte. Il s’agit de la même juridiction qui va juger le 7 septembre prochain l’ancien Président tchadien Hissène Habrè.

Une plainte a été déposée ce mercredi à l’encontre du Président tchadien Idriss Deby devant les Chambres africaines extraordinaires basées à Dakar. Ce sont des Tchadiens qui ont déposé la plainte en accusant Idriss Déby d’actes de tortures et d’exécutions de prisonniers de guerre dans les années 1990. Le Président tchadien va devoir répondre de ses accusations devant la même juridiction qui est en charge du procès de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré qui reprend le 7 septembre prochain.

Les faits remontent à 1990, peu avant l’arrivée au pouvoir d’Idriss Déby. Les plaignants accusent Idriss Déby d’avoir torturé et exécuté des prisonniers de guerre entre Tiné et Abéché, alors qu’il était reparti au maquis. Les plaignants ont porté plainte contre d’autres personnes car ils estiment qu’ Hissène Habré n’est pas le seul auteur des massacres et autres exactions commis dans leur pays entre juin 1982 et décembre 1990.

Pour l’avocat des plaignants Maître Mbaye Jacques Ndiaye, « il s’agit d’une plainte pour crimes de génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures, à l’initiative de certaines victimes». Selon lui, la plainte est tout à fait recevable. « Les Chambres africaines extraordinaires sont compétentes pour juger les évènements qui se sont déroulés entre 1982 et 1990 », précise t-il.

Idriss Déby, arrivé au pouvoir en 1990 après avoir chassé son ancien compagnon d’armes Hissène Habré, est désigné Président de la République du Tchad, en févier 1991, après l’adoption de la Charte nationale. Le 7 septembre prochain, le procès d’Hissène Habré va reprendre à Dakar, il est accusé de crime contre l’humanité, crime de guerre et torture durant son règne de 1982 à 1990.