Des quotas ethniques à la TV française ?

Sous la pression du Collectif Egalité qui revendique 6 000 membres, les pouvoirs publics français se saisissent du dossier de la discrimination raciale dans l’audiovisuel français.

La marche du peuple noir qui a réuni un millier de personnes à Paris, samedi 20 mai, à l’appel du Collectif Egalité – animé notamment par la romancière camerounaise Calixthe Belaya -, pose la question de la discrimination envers les minorités dans les médias et l’audiovisuel. Mieux, il soulève le débat , sulfureux en France, du rééquilibrage ethnique par les quotas.

Deux jours avant la marche, un rapport du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), intitulé  » Présence et représentation des minorités visibles à la télévision française « , était opportunément rendu public. Le rapport présenté par Hervé Bourges, président du CSA, reconnaît  » une faible représentation des minorités « . Selon le CSA,  » les minorités visibles ont la plupart du temps des rôles très secondaires : des employés de maison, des mulets… « 

Circonstance aggravante pour le paysage audiovisuel français, l’  » écrasante majorité «  des  » fictions sont d’origine étrangères, et notamment américaines « . Les USA pratiquent depuis des décennies des quotas ethniques. Le rapport précise d’ailleurs que dans les programmations des cinq chaînes françaises passées au crible du 11 au 17 octobre, 66% des fictions américaines accordaient les rôles principaux à des  » minorités visibles « , cette semaine là.

Catherine Trautmann attaquée

Mais si le président du CSA relève les  » carences de la société française « , il rappelle que son institution  » ne peut se substituer aux défaillances de la société « . Un appel incontestable à l’attention de Catherine Tasca, ministre française de la Culture et de la Communication. Celle-ci a annoncé vers la mi-mai une modification des cahiers des charges du service public, afin que les minorités ethniques soient plus représentées à la TV.

Son prédécesseur, Catherine Trautmann, avait fait l’objet d’une plainte, en 1998, de Calixthe Beyala pour déficit d’image et  » préjudice moral au peuple noir « , après que celle-ci eut examiné les programmes de la télévision française.