Des ONG dénoncent les abus de la police française contre Me M’Baye

Plusieurs ONG mauritaniennes membres du Forum national des droits de l’homme (FONADH) ont dénoncé, lundi soir au cours d’une conférence de presse, « la violence et les abus » de la police française contre maître Fatimata M’Baye, présidente de l’Association mauritanienne des droits humains (AMDH).

Les ONG mauritaniennes qui ont dénoncé, lundi, l’attitude de la police française vis à vis de maître Fatimata M’Baye sont la Commission nationale des droits humains (CNDH), Conscience et Résistance (CR), la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADHO) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Lors de cette rencontre avec la presse, maître Fatimata M’Baye, par ailleurs vice-présidente de la FIDH et avocate au barreau de Nouakchott, a déclaré avoir été arrêtée et placée en garde à vue le 11 mars 2008 à l’aéroport Charles De Gaule de Paris, en même temps qu’un médecin français du nom de Bernard Pierre Marie.

L’avocate mauritanienne et le médecin français devaient prendre un vol Paris-Nouakchott (Air France 765) à bord duquel un jeune mauritanien du nom de Mohamed Sidibé faisant l’objet d’une mesure de reconduite à la frontière était également convoyé par des éléments de la police française.

Traitements inhumains

Alertés par les cris de détresse du jeune homme, maître Fatimata M’Baye et le Dr Bernard Marie Pierre avaient vivement protesté contre « le traitement inhumain » infligé au clandestin.

Cette réaction à aussitôt créé un incident avec la police, entraînant le placement en garde en vue des deux protestataires. « J’ai fait l’objet d’une fouille corporelle, délestée de tous mes objets personnels, complètement déshabillée et jetée dans une petite cellule pour une garde à vue de 24 heures allant du 11 au 12 mars 2008. En fait, j’ai été humuliée », a détaillé Me Fatimata M’Baye.

L’avocate a été ainsi entendue par la police pour s’être opposée à une mesure de reconduite à la frontière, et le dossier est actuellement confié à une juridiction parisienne qui devrait la convoquer très prochainement pour un procès.

Les ONG ont manifesté, au cours de ce point de presse, leur indignation devant tous ces faits et invité les autorités françaises à veiller à ce que les forces de sécurité aéroportuaire respectent les droits fondamentaux de la personne humaine. Elles jugent également « non opportunes et graves » les poursuites initiées contre maître Fatoumata M’Baye et le Dr Bernard.