Des émeutes font un mort dans le sud de l’Algérie

Des soldats algériens

Un manifestant a été tué par des tirs « d’origine inconnue », dans le sud de l’Algérie, plus précisément à Tinzaouatine, une localité située à la frontière de ce pays d’Afrique du Nord et le Mali.

Il s’agirait d’une manifestation, une protestation notamment contre de nouvelles dispositions prises par les autorités algériennes, qui a finalement viré à l’émeute. Tout a commencé lundi 15 mars, lorsque les habitants de Tinzaouatine, localité à cheval sur les deux pays, décident de se rassembler pour protester contre une barrière de sable surmontée de barbelés érigée par les soldats algériens entre le Mali et l’Algérie. Selon les manifestants, cette barrière passe le long de la berge nord d’un fleuve marquant la frontière administrative entre les deux pays.

Les habitants de Tinzaouatine ont alors réclamé des zones de passage dans le cordon de sécurité pour leur approvisionnement en eau en ayant accès aux puits creusés sur place, mais aussi pour le pâturage de leurs bêtes. Furieux contre ces dispositions, des jeunes ont saccagé le grillage, occasionnant des affrontements avec des gardes-frontières algériens. Au cours des heurts, des coups de feu ont été tiré, occasionnant la mort d’une personne. *

Les manifestants ont eu le soutien de Boudjemaa Balaou, un élu de la préfecture de Tamanrasset, qui met en cause le tracé de l’ouvrage, « au milieu des habitations et laisse une partie du territoire algérien isolé de l’autre côté ». L’élu ne s’est pas arrêté là, il a dénoncé le comportement brutal et récurrent des gardes-frontières à l’égard des populations locales. L’armée algérienne dit avoir ordonné l’ouverture d’une enquête pour mettre la lumière sur cette affaire.

Interpellé sur la question par El Watan, le maire de Tinzaouatine précise : « Tout le monde sait que de nombreuses familles sont partagées entre les deux villes que sépare l’oued. De l’autre côté, il n’y a rien, ni eau, ni produits alimentaires, ni les moindres conditions de vie. Il est tout à fait normal que les familles s’entraident. Elles viennent s’approvisionner à Tinzaouatine et repartent ».