Des écoliers dénoncent les dérives de la société gabonaise

GAB1.jpg

Les élèves du complexe scolaire Le guide de nos enfants, à l’occasion de la troisième édition de leur festival annuel, ont offert mercredi dernier dans la salle de conférence du centre culturel français de Libreville, un spectacle pédagogique. A travers des chants, de la danse, des poèmes et la présentation de pièces de théâtre, ils ont stigmatisé la dépravation des mœurs dans la société gabonaise.

Notre correspondant à Libreville

Gabonecolieres.jpgLes écoliers du complexe scolaire Le guide de nos enfantsont dénoncé pendant leur festival les maux et les mauvaises pratiques qui minent la société gabonaise. Ils ont pointé du doigt la corruption, le fétichisme, l’alcoolisme, la manipulation, l’irresponsabilité des parents, l’exploitation des enfants et le clientélisme religieux.

« Mon mari aime l’alcool plus que moi et nos enfants », a déclamé une jeune actrice dans un sketch, critiquant ainsi l’attitude des pères irresponsables. Ces pères, qui au profit des maîtresses et des débits de boisson, abandonnent les enfants et les femmes dans la galère.

Dans les scènes de théâtre que les écoliers ont présenté, le Sida, un autre fléau de la société gabonaise, intervient comme une conséquence des comportements démesurés des parents ivres. Car, « après un verre d’alcool, on n’a pas toujours l’esprit prompt pour penser au préservatif », nous ont rappelé les jeunes élèves.

Esseulées et fouettées par les épreuves de la vie, les mamans selon ces jeunes écoliers n’ont que l’église pour consolation. Mais y trouvent-elles vraiment un soulagement ? Les festivaliers ont répondu par la négative. Car pour eux, l’église corrompue est devenue le théâtre de la manipulation et de l’exploitation. Les enfants sont allés plus loin en jugeant l’église responsable des conflits au sein de la cellule familiale. Parce que, selon eux, beaucoup de femmes au nom de dieu ont abandonné leurs époux légitimes pour s’attacher « aux frères en Christ, très souvent avec la bénédiction du pasteur ».

Des enfants étonnants de lucidité

GAB1.jpgLa mère à l’église, le papa au bar, l’enfant subit fatalement l’éducation de la rue. Voilà le diagnostic fait par les jeunes enfants eux-mêmes, sur les situations qu’ils vivent au quotidien, lesquelles ne leur permettent pas de réaliser leurs rêves de vivre dans un monde meilleur. Les enfants ont exprimé au cours de ce festival leurs espoirs de vivre dans un environnement familial sain et équilibré. Ils attendent ont-ils dit, de leurs parents non seulement du pain, mais surtout de l’affection. Et à plusieurs reprises, ont-ils demandé aux adultes d’êtres de bons exemples.

« Les jeunes ont porté le message dans leurs cœurs et dans leurs corps. Au-delà des textes, ils ont traduit ce qu’ils voient et entendent. Il faut que le théâtre et le cinéma cessent autour de l’évangile. Si nous continuons à jouer avec la parole de Dieu, nous allons créer le manque de foi dans leurs cœurs et ils deviendront des anti-christs. » a dit le pasteur Gaspar Obiang, invité des jeunes. « Je profite de cette tribune pour inviter tous les leaders religieux à se lever pour servir Dieu et non leurs prestiges ou leurs ventres. Nous devons être des modèles afin de permettre à ces enfants de réaliser leur rêve de paix et de bonheur. Ils l’ont dit et ils le méritent. » a ajouté l’homme de Dieu.

« Nous sommes trop souvent trahis par les adultes et, nous avons voulu à travers ce festival appeler nos parents au changement de comportement, pour la naissance d’une nouvelle société fondée sur les valeurs de paix, du respect mutuel et de la non violence », a déclaré un jeune participant à l’événement.