Des clichés pour Cossery

Sophie Leys, photographe, expose ses oeuvres en noir et blanc sur l’Egypte d’Albert Cossery. Un travail né de la complicité des deux artistes et qui débouche sur un livre de photos augmenté de textes de Cossery. Images subjectives.

Sophie Leys a le regard pâle et le verbe peureux. Une discrétion qui flirte avec la timidité. Et une admiration pour Albert Cossery qui frise l’adoration.  » Une véritable complicité d’esprit « , souligne la photographe. Certes, appelons cela comme ça. Elle sort actuellement un livre de photographies intitulé L’Egypte de Cossery. Une série de photos en noir et blanc retraçant le monde cossérien. 31 clichés auxquels font face des extraits de l’oeuvre de Cossery, choisis par l’écrivain mais surtout par la photographe.

Univers cossérién

 » En lisant Albert Cossery j’ai ressenti une grande émotion et beaucoup de plaisir. J’ai voulu le rencontrer. Puis il m’a donné envie de découvrir son pays et surtout son peuple « , raconte Sophie Leys. La voilà donc partie en Egypte sur les traces de Cossery avec l’intention d’en ramener des clichés qui évoqueraient l’univers de l’écrivain. Rien à voir avec l’Egypte exotique et touristique. Les temples, ce n’était pas là son but. Elle recherchait Si Khalil de La Maison de la Mort certaine, Felfel d’Un Complot de Saltimbanques ou encore le barbier qui habite Les Couleurs de l’Infamie.

 » De mes rencontres intenses et productives avec Albert Cossery et de mon voyage en Egypte est donc né ce livre « , explique Sophie Leys. Des photos prises au petit matin pour la lumière particulière que l’aube engendre. Des scènes de vie, des visages marqués, des sourires d’enfants et des clichés d’ambiance.  » Quelques photos ont été directement inspirées de l’oeuvre d’Albert Cossery. Quand il les a vues pour la première fois, il a reconnu certains de ses personnages « , ajoute Sophie Leys.

Regard subjectif

Reconnaissance du Maître qui écrit :  » ce qui m’a surtout frappé dans ces photos, c’est l’infinie tendresse de l’artiste envers les êtres et les choses, comme si, dans une enfance lointaine, elle avait vécu dans cette ville et respiré ses odeurs « . Jolie récompense. Mais l’écriture est une chose particulière. Elle crée un univers qui est du domaine de l’imaginaire et donc propre à chacun. Beaucoup ne retrouveront donc pas dans les photos de Sophie Leys leur univers Cossery. D’autres trouveront que les photos tendent vers le cliché. Et si le lecteur veut bien reconnaître que le droit inaliénable de l’artiste, c’est d’être subjectif, il veut aussi que l’on reconnaisse que le sien, c’est de ne pas se sentir représenté.

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