des Bleus aux couleurs de la fête

A l’Euro 2000 de football, le mélange du noir et du blanc a enrichi la palette d’une équipe de France à nouveau… dorée.

Marcel Desailly (originaire du Ghana), Patrick Vieira (fils du Cap-Vert), Zinedine Zidane (originaire d’Algérie), Nicolas Anelka, Thierry Henry, Lilian Thuram et Sylvain Wiltord (tous issus des Antilles françaises), Bernard Lama (originaire de la Réunion), … Tous, ils sont tous sur le toit du monde footballistique, pièces maîtresses d’une équipe de France ayant réussi le doublé extraordinaire Mondial – Euro.

Aux côtés de leurs copains d’origine européenne (Barthez, Blanc, Candela, Deschamps, Djorkaeff, Dugarry, Leboeuf, Lizarazu, Micoud, Petit, Pires, Ramé), latino-américaine (Trézeguet) ou océanienne (Karembeu), ils font la fierté d’une nation française qui, à travers eux, s’admet (s’admire) dans sa propre diversité.

Ces visages radieux de bonheur, cet enthousiasme porteur de victoires sont, comme il y a deux ans, les vecteurs d’un éclair d’espoir, bref mais aveuglant. Ils manifestent que la joie de vivre et de réussir ensemble n’est pas affaire de couleur de peau, que la communauté de destin n’implique plus, aujourd’hui, des siècles d’un passé commun.

C’est, pour un groupe, un signe évident de maturité sociale que de pouvoir se reconnaître au-delà des caractères physiques de ses membres. N’en tirons pas de conclusions hâtives, ni d’extrapolations hasardeuses. Non, ce n’est pas seulement parce qu’elle est multicolore que la France gagne tout au football. Non, le sport n’est pas le moyen idéal de l’ascension sociale ni même de l’intégration : c’est une activité humaine, ni pire ni meilleure que les autres. Non, les tensions n’ont pas disparu entre une approche crispée, étriquée des communautés nationales d’une part et la vision multiethnique des sociétés.

Sans trop nous avancer, réjouissons-nous donc simplement que Noirs et Blancs partagent cette même fête en bleu.