Des anciens combattants marocains escroqués d’un million d’euros

Un sexagénaire est accusé d’avoir détourné plus de 900 000 euros sur le dos d’anciens combattants marocains.

Volumineux est le dossier de « Monsieur Jacques ». C’est comme ça qu’il est appelé dans le quartier Saint-Michel, à Bordeaux. Le vieil homme âgé de 65 ans est aujourd’hui accusé d’escroquerie et de blanchiment d’argent. Il aurait perçu entre 2009 et 2012 près d’un million d’euros aux dépens de 42 anciens combattants marocains.

Tous lui faisaient confiance. « Monsieur Jacques », un pied-noir qui a de nombreuses connaissances parmi les anciens combattants d’Afrique du Nord, surtout chez les Marocains, se présentait à eux comme un bienfaiteur. Tout commence au Printemps 2012. Le sexagénaire se rendait chaque fin de mois, procurations d’anciens combattants en poche, pour retirer les sommes versées par la Caisse des dépôts et consignation sur les comptes des Marocains. Une seule adresse : rue des Faures, à Bordeaux. Le directeur de la Banque Postale dans laquelle « Monsieur Jacques » venait retirer l’argent est intrigué par la fréquence de ses visites. Ce serait le cadre à l’origine de la révélation, selon le quotidien Sud Ouest qui rapporte les faits.

La police sur le coup

Alertés, les policiers de la Brigade des affaires financières de la Sûreté départementale s’emparent de l’affaire. La supercherie de l’escroc présumé s’effondre. Les enquêteurs vont alors découvrir que certains des 42 anciens combattants sont décédés. Les autres ne se rendent que très rarement en France. Or, pour bénéficier de ces allocations, les anciens combattants ont pour obligation de résider au moins six mois par an en France. Mais « Monsieur Jacques » s’arrangeait pour fournir l’adresse de l’un de ses appartements afin de leur permettre de contourner cette obligation.

Le hic dans cette histoire, c’est que tous ces anciens combattants ne savent ni lire ni écrire. Il aurait donc profité de cette faiblesse pour détourner en l’espace de trois ans plus de 900 000 euros en espèces versés sur différents comptes.

Pris à son propre jeu

Conscient de l’arnaque, un octogénaire a tout raconté à la police. « Chaque fois qu’il y avait du courrier adressé au nom des locataires fictifs, il le récupérait et signait les lettres recommandées à la place des retraités », écrit le journal. Des accusations que « Monsieur Jacques » rejette en bloc. Pourtant, les policiers du Groupe d’intervention régional (GIR) d’Aquitaine ont effectué une saisie de 280 000 euros au domicile du suspect. La brigade financière est chargée d’identifier les victimes, dont la plupart sont très âgées et vivent au Maroc.

Une information judiciaire a été ouverte le 6 mars. Quant à l’escroc présumé, il a passé 48 heures en garde à vue au commissariat central avant d’avoir été déféré au Pôle économique et financier du parquet et présenté devant un juge d’instruction pour escroqueries et blanchiment.

Des internautes s’insurgent à l’instar de Hamza. « Mais que font les MRE, les jeunes en particulier, pour aider ces anciens dans leurs démarches administratives ? », s’interroge Hamza sur le forum du site Yabiladi.