Des Américains renouent avec leurs racines camerounaises

Ils sont médecins, avocats, architectes… La cinquantaine révolue, ils ont découvert grâce à des tests ADN[[Selon les chiffres donnés par Gina Paige, la présidente et co-fondatrice d’African Ancestry, une compagnie américaine d’identification par ADN, entre 6000 et 8000 Américains se sont découvert des racines Bamiléké, Ewondo, Bassa, Massa, Foulani, Tikar… datant de l’époque de la traite négrière.]] qu’ils avaient leurs racines au Cameroun. Parmi eux, il y a des Tikar, des Bamiléké, des Éwondo, des Bassas. Ils ont effectué l’important retour au pays natal du 29 décembre au 5 janvier, à l’initiative de l’ONG américaine Ark Jammers.

De notre correspondante

Arrivés au Cameroun le 27 décembre 2010, cinquante Américains ont remonté le temps et marché sur les pas de leurs ancêtres. Beaucoup d’émotion se lisait sur les visages lors de la visite du site d’embarquement des esclaves à Bimbia dans le Sud-ouest. Ici, ils découvrent des hommes et femmes enchaînés au cou ou aux pieds à des arbres comme pendant le commerce des esclaves. Face à la dureté de l’image, on a vu des larmes coulées sur leur visage : « C’est horrible ce que nos ancêtres ont pu souffert et enduré » entend-on ici et là, au sein du groupe.

Le bonheur était grand à la découverte des sites touristiques : les plages de Kribi dans le département de l’Océan et de Limbe dans la région du Sud Ouest, le Palais royal à Foumban, les villes de Bafia, Bandjoun, Bafoussam. A Bimbia, ils ont pleuré à chaudes larmes devant la reconstitution des scènes de violences subies par leurs ascendants et les atrocités de la déportation. Ils se sont également extasiés devant la beauté culturelle de « leur pays d’origine ». Selon Avline Ava, la promotrice d’Ark Jammers, ce n’est qu’une première étape du retour de ces américano-camerounais. En effet, dans la ville de Kribi par exemple, ils ont reçu un terrain de 40 hectares pour leur donner une raison de plus de mieux s’enraciner « chez eux », au Cameroun.

Pendant leur séjour, ces Camerounais de la diaspora ont découvert les artistes musiciens de renommée internationale (Manu Dibango, Eko Roosevelt, André Marie Talla… à travers un concert de musique organisé le 1er janvier au Palais des Congrès de Yaoundé.

L’une des étapes importantes et non moins émouvante était la visite du parc national de la Mefou. Une aire de 1044 hectares de superficie située dans le village de Metet. Un parc riche en faune : 15 enclos dans lesquels on trouve 80 chimpanzés, 15 babouins, une quarantaine de gorilles…
L’initiative de cette Ong a été largement saluée par les plus hautes autorités camerounaises qui s’est dite fière de cette diaspora entreprenante. Un observateur affirme cependant « qu’il n’est pas question d’attendre de nos frères des Etats-Unis de l’argent, mais de les encourager à venir de plus en plus dans le pays de leurs ancêtres en donnant l’opportunité d’exercer des activités ici.»

Ark Jammers est une association dont « l’objectif est de promouvoir la générosité et l’échange interculturelle. Ces américains d’origine camerounaise ont effectué ce premier voyage dans le cadre d’« Ancestry reconnection programm», un programme mis en place par l’ONG.