Des Algériens pour remplacer les Chinois

Les entreprises chinoises installées en Algérie souffrent à distance de l’épidémie de pneumonie atypique qui sévit dans leur pays. Ne pouvant plus faire venir leurs ouvriers en Algérie, elles vont devoir faire appel à la main-d’oeuvre locale. Une aubaine pour les Algériens.

L’adage qui dit  » quand la Chine s’éveille, le monde tremble  » n’a jamais été aussi actuel que maintenant. En fait, il faut le prendre à rebours ! En effet, et bien que l’Algérie soit à des milliers de kilomètres de la Chine, les effets du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui font des ravages au pays de Confucius commencent à être visibles chez nous.

Certes, selon le ministère de la Santé, aucun cas de pneumonie atypique n’a encore été relevé. Mais il faut noter que les nombreux chantiers confiés aux entreprises chinoises se trouvent aujourd’hui frappés de déficit en main-d’oeuvre. Les entrepreneurs chinois, à cause de l’embargo de fait imposé à leur pays à la suite de l’épidémie de SRAS, n’arrivent plus faire venir leurs ouvriers en Algérie. Pas moins de 400 travailleurs chinois sont en effet bloqués alors qu’ils devaient gagner l’Algérie. La raison : les services consulaires algériens en Chine refusent de leur délivrer des visas.

5 135 travailleurs

Une aubaine pour la main-d’oeuvre algérienne puisque les patrons chinois sont maintenant obligés d’y recourir même si ces derniers jugent qu’elle manque de qualifications et d’efficacité. C’est ainsi que la société nationale des travaux de construction chinoise (CSCEC) – qui n’est autre que l’entreprise qui a raflé une partie du projet de la nouvelle aérogare d’Alger – a lancé hier un avis de recrutement.

Dans cet avis, elle précise que  » la CSCEC a besoin en urgence de la participation des sous-traitants locaux qualifiés pour intervenir dans certains domaines, notamment celui de la maçonnerie de mur non-porteur, enduit de plâtre à l’intérieur, étanchéité en toiture, etc. » Le nombre global des travailleurs demandés est de 5 135. Ces recrutements concernent les chantiers de construction de logements. D’où le caractère urgent de cet avis, sachant que les entrepreneurs Chinois risquent de perdre des marchés s’ils ne respectent pas les délais.

Faciliter l’octroi des visas

Des sources proches du ministère des Affaires étrangères ont indiqué que le ministre des Transports, Abdelmalek Sellal, s’est rapproché du département de Abdelaziz Belkhadem pour lui demander de faciliter l’octroi des visas aux Chinois. Chose, somme toute, compréhensible, si l’on tient compte de l’importance qu’accorde le ministère des Transports au projet de l’achèvement de la nouvelle aérogare,  » un défi que l’Etat veut relever « , comme ne cesse de le déclarer M. Sellal après l’échec de la mise en concession de la nouvelle aérogare. Pour le moment, pourtant, ce sont plutôt les travaux des chantiers de construction de logements, qui sont affectés par ce déficit de main-d’oeuvre.

Ghania Amriout