Des affaires de viols sur mineurs défrayent la chronique au Zimbabwe

Un adolescent violeur d’un gamin de 12 ans. Une enfant de 8 ans violée pendant huit mois par des adultes. L’opinion publique zimbabwéenne est sous le choc. Les affaires révélées ces derniers jours par la justice et la police, dans le nord-ouest du pays, font grand bruit.

De notre correspondante au Zimbabwe

Un adolescent zimbabwéen de 15 ans a abasourdi le tribunal local la semaine dernière en affirmant courageusement au magistrat l’auditionnant que le sexe anal était « formidable ». Il était accusé d’avoir forcé un garçon de 12 ans à commettre un acte sexuel qui a provoqué chez la victime de graves séquelles anales. Le violeur, originaire de Binga, une localité située au Nord-Ouest du pays, a déclaré à la cour qu’il ne décelait aucune infamie dans le fait d’avoir des rapports sexuels avec un enfant de cet âge, pendant qu’ils promenaient un troupeau de bétail.

Après avoir été reconnu coupable « d’avoir sodomisé » son jeune compagnon, l’adolescent a été informé, vendredi 11 février, sur le fait que la « sodomie » ou relation homosexuelle était illégale au Zimbabwe. Le magistrat Stephen Ndlovu l’a condamné à recevoir quatre coups de bâtons en guise de sentence, et a attiré l’attention des deux garçons sur le fait qu’ils n’avaient pas encore atteint l’âge de consentir ni de nouer des relations sexuelles.

En 1995, le président Robert Mugabe avait fait la une des titres internationaux lorsqu’il avait ouvertement déclaré, lors de l’ouverture du Salon du livre International du Zimbabwe, que les gays et les lesbiennes étaient « pire que les porcs et les chiens ». Il y a deux ans, le Zimbabwe a durci le champ réglementaire des lois sur la sodomie lors d’un examen du code pénal. Dans Le Criminal Law Act (Nouveau code pénal réformé) que le parlement a voté en 2004, mais qui n’a pris effet que le 1er Juillet 2006, elle est un crime sexuel, dont le caractère « indécent » alourdit la peine de celui qui le commet. Ce crime est jugé plus grave qu’un simple acte indécent qui n’implique aucune forme de pénétration. De plus, dans le cadre de cette nouvelle loi, une étreinte ou une caresse intime entre deux personnes de même sexe constitue désormais un crime.

Une fillette de 8 ans violée pendant huit mois par 14 hommes

Une autre affaire de mœurs a défrayé la chronique cette semaine au Zimbabwe. Une jeune fille de 11 ans a été violée par 14 hommes, dont huit adolescents et six hommes matures durant une période édifiante de huit mois.

La police a arrêté 14 hommes, à Lupane, une localité située dans la partie Nord Ouest du pays, qui pourraient être les auteurs du viol de la jeune fille, a reporté mardi le journal d’Etat. Selon la publication, la police a affirmé que les abus ont eu lieu alors que la jeune fille vivait avec sa grand-mère âgée de 75 ans, entre mars 2010 et janvier 2011. « Nous avons arrêté 14 suspects qui sont mêlés dans l’affaire de viol impliquant une jeune fille de 11 ans qui était une élève à l’école locale (…) Elle n’a raconté les faits à personne » a rapporté la police.

Les suspects, dont l’âge oscille entre 12 et 63 ans, parmi lesquels huit adolescents, auraient violé la jeune fille dans un buisson alors qu’elle promenait le troupeau de bétail de sa grand-mère. La victime, dont le nom n’a pas été communiqué, aurait affirmé à la police que les suspects se seraient à différentes reprises précipités sur elle pendant plusieurs nuits, alors qu’elle dormait à l’air libre après avoir perdu une partie du troupeau. L’affaire n’est apparue au grand jour que lorsque son maître d’école a noté que « ses performances académiques se détérioraient ». Le professeur a indiqué également que la jeune fille dormait régulièrement durant les cours.

La date du procès des auteurs des viols n’a pas encore été fixée. Cette affaire, comme la précédente, interrogent profondément les Zimbabwéens sur l’état de leur société qui traverse une longue crise économique et politique.