Dernière séance

La 18ème édition du Fespaco s’est refermée samedi à Ouagadougou. Dernier clap pour un festival qui s’est montré à la hauteur des attentes des professionnels et des festivaliers. Avec une programmation éclectique, la manifestation a su séduire tous les publics. Le bilan de Baba Hama, secrétaire-général du Fespaco.

Afrik : Quel bilan tirez-vous de cette 18ème édition ?

Baba Hama : Du point de vue de l’organisation, nous sommes satisfaits. Les échos que nous avons eus de la part des professionnels sont très positifs. Ensuite, nous avons remarqué que les comédiens se sont servi du Fespaco comme d’une véritable tribune. C’était le but de cette édition. Le colloque sur la place de l’acteur leur a servi, je crois, de tremplin. Ils se sont rencontrés et ont jeté la base de projets afin d’améliorer le statut de leur profession, comme la mise en place d’un comité de suivi et la création d’une association à l’échelle continentale. Il n’y a pas eu d’antagonismes entre les acteurs et les réalisateurs et c’est le principal.

Afrik : Le festival a tout de même été étayé par quelques agressions sur des festivaliers étrangers, ce qui était rare jusqu’à pésent…

Baba Hama : C’est vrai que les agressions ont eu lieu cette année à une cadence particulière. J’ai rencontré les victimes et le ministre de la Culture s’est également déplacé pour les voir. Ce genre de choses arrive dans toutes les grandes villes et chaque rassemblement apporte son lot de petits larçins. Malgré un dispositif de sécurité renforcé, des failles existent toujours. Nous regrettons sincèrement ces incidents car, pour nous, le Fespaco doit être avant tout une grande et belle fête.

Afrik : Avez-vous assisté à quelques projections ?

Baba Hama : Très peu ! Les films, je les vois avant ! Ce que je peux dire, c’est que l’édition 2003 est une très bonne cuvée. Les films qui ont été projetés pendant la semaine sont de très haute facture. Cette année, nous avons augmenté le nombre de projection des films tv et vidéo en les montrant tous alors que les années précédentes nous ne passions que ceux en compétition.

Afrik : Les séances ont le plus souvent fait salle comble…

Baba Hama : Oui, aucun film n’a été projeté devant une salle vide et le public burkinabé a répondu présent. C’est réconfortant pour les réalisateurs et cela montre qu’il y a un réel engouement pour le cinéma africain. Quant aux salles ouagalaises, j’ai bien peur qu’elles soient devenues exigües ! Pour certaines projections, tout le monde n’a pas pu entrer. Le Fespaco a été victime de son succès en quelque sorte…

Le Palmarès du 18ème Fespaco :

Longs métrages

Grand prix (Etalon de Yenenga) : Heremakono de Abderrahmane Sissako (Mauritanie)

Prix spécial du jury : Kabala de Assane Kouyaté (Mali)

Prix de la meilleure interprétation masculine : Cheick Doukouré, acteur et réalisateur de Paris selon Moussa (Guinée)

Prix de la meilleure interprétation féminine : Awatef Jendoubi pour Fatma de Khaled Ghorbal (Tunisie)

Prix d’interprétation (mention spéciale) : A. Mahamat Moussa et M. Moctar Aguid pour Abouna de Mahamat Saleh Haroun (Tchad)

Prix Oumarou Ganda de la première oeuvre : L’Afrance d’Alain Gomis (France-Sénégal)

Prix du meilleur scénario : Assana Kouyaté pour Kabala (Mali)

Prix de la meilleure image : Abraham Haile Biru pour Abouna (Tchad)

Prix du meilleur décor : Joseph Kpobly pour Heremakono (Mauritanie)

Prix du meilleur montage : Ronelle Loots pour Promised Land de Jason Xenopoulos (Afrique du Sud)

Prix du meilleur son : Hachim Joulak pour Fatma (Tunisie)

Prix de la meilleure musique : Wasis Diop et Loy Ehrlich pour Le prix du pardon de Mansour Sora Wade (Sénégal)

Prix de l’Union européenne : L’Afrance d’Alain Gomis (France-Sénégal)

Courts métrages

Prix du meilleur court métrage : Source d’histoire de Adama Rouamba (Burkina Faso)

Prix spécial du jury : A drink in the passage de Zola Maseko (Afrique du Sud)

Vidéo

Prix du meilleur documentaire : Tanger, le rêve des brûleurs de Leila Kilani (Maroc)

Prix de la meilleure sitcom : Houria de Rachida Krim (Algérie)