
L’actrice sénégalaise Halima Gadji, révélée au grand public par la série à succès Maîtresse d’un homme marié, est décédée ce lundi à Paris à l’âge de 36 ans. Figure emblématique de la production audiovisuelle ouest-africaine, elle laisse derrière elle une carrière marquée par le talent, l’audace et un engagement fort pour la reconnaissance des artistes africains.
Halima Gadji n’est plus. La nouvelle du décès de l’actrice sénégalaise a provoqué une vive émotion au Sénégal et bien au-delà. Selon plusieurs médias, la comédienne se trouvait en France pour un court séjour lorsqu’elle a été victime d’un malaise fatal. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la famille n’a pas communiqué officiellement sur les circonstances exactes de sa disparition, appelant au respect de l’intimité et du recueillement.
Très active sur les réseaux sociaux, Halima Gadji avait encore partagé, quelques heures avant son décès, une publication liée à un projet audiovisuel en cours, preuve de son engagement constant dans le milieu artistique. Halima Gadji s’est imposée comme un visage incontournable du petit écran grâce à son interprétation de Marième Dial dans la série sénégalaise Maîtresse d’un homme marié (MDHM), produite par Marodi TV.
Une carrière révélée par Maîtresse d’un homme marié
Diffusée à partir de 2019, cette fiction, à la fois controversée et massivement suivie, a marqué un tournant dans l’histoire des séries télévisées sénégalaises. Son personnage a suscité de nombreux débats sociétaux et contribué à installer Halima Gadji parmi les actrices les plus influentes de sa génération. Son jeu nuancé, sa présence à l’écran et sa personnalité forte ont largement participé au succès de la série.
Née en 1989 à Dakar, entre la Médina et Sacré-Cœur, d’un père sénégalais et d’une mère d’origine maroco-algérienne, Halima Gadji s’est initiée très tôt au mannequinat et au casting, dès l’adolescence. Animée par la volonté de vivre pleinement de son art, elle multiplie les expériences avant de se tourner définitivement vers la comédie. Avant MDHM, elle apparaît dans plusieurs productions notables, dont Tundu Wundu (2015) et Sakho & Mangane (2018-2020).
Une artiste plurielle et engagée
Son talent lui ouvre également les portes d’autres scènes africaines, notamment en Côte d’Ivoire, où elle collabore avec différentes maisons de production. Au-delà de son métier d’actrice, Halima Gadji était également mannequin, consultante mode et entrepreneuse. Elle incarnait une nouvelle génération d’artistes africains, soucieux de maîtriser leur image, leur carrière et leur indépendance financière.
Elle n’a jamais hésité à prendre la parole publiquement pour dénoncer la précarité du statut d’artiste en Afrique, appelant à plus de respect et de professionnalisation du secteur. Des prises de position courageuses, parfois controversées, mais saluées par de nombreux confrères et fans.
Une reconnaissance continentale avec les Sotigui Awards
En 2023, Halima Gadji a été consacrée Meilleure interprétation féminine africaine lors des Sotigui Awards, un événement majeur du cinéma africain organisé à Ouagadougou. Cette distinction venait récompenser son rôle marquant dans Maîtresse d’un homme marié et soulignait sa contribution à la valorisation des femmes dans l’audiovisuel africain. Cette reconnaissance continentale confirmait son statut d’actrice de premier plan et son influence croissante au sein de l’industrie culturelle africaine. La disparition prématurée d’Halima Gadji constitue une perte considérable pour le cinéma et la télévision sénégalais.
Appréciée pour son professionnalisme, sa sincérité et sa détermination, elle incarnait l’espoir d’un secteur audiovisuel africain plus structuré et mieux reconnu. Hommages d’artistes, de producteurs et d’anonymes continuent d’affluer sur les réseaux sociaux, témoignant de l’impact durable qu’elle a laissé dans le cœur du public. Halima Gadji s’en va à 36 ans, mais son œuvre, son combat et son héritage artistique resteront gravés dans la mémoire collective.





