Départ définitif des troupes nigérianes de Bakassi

le Nigeria a officiellement retiré ses 3.000 soldats de la Péninsule de Bakassi ce samedi, avant le transfert lundi de cette riche région minière au Cameroun conformément au verdict rendu en 2002 par le Tribunal international de la Haye.

Le retrait officiel a été marqué par un défilé et la mise en berne du drapeau vert-blanc-vert du Nigeria, de même que celui de l’armée et du 26ème bataillon au camp Isaac Boro, à West Atabong, Péninsule de Bakassi, Cross River State. La mise en berne du drapeau a également eu lieu à Abana, siège du gouvernement local et ancienne base du 20ème bataillon.

Le transfert officiel aura lieu lundi à Archibong, à la pointe nord de la Péninsule, alors qu’un défilé présidentiel dans la capitale de l’Etat, Calabar, marquera le retrait définitif du Nigeria.

Par ailleurs, le Commandant du détachement conjoint chargé
d’assurer la sécurité de la Péninsule, le Major Général Steve Quar, a dénoncé la violation par le Cameroun de l’accord de Green Tree, au terme duquel le Nigeria se voit obligé de se retirer, du fait de l’empressement du Cameroun à déployer ses gendarmes dans les endroits libérés par les troupes nigérianes.

Au terme de l’accord de Green Tree, signé le 12 juin entre les présidents Olusegun Obasanjo et Paul Biya en présence du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, le Cameroun ne doit occuper aucune partie de la Péninsule libérée par les troupes nigérianes.

Sur la base de cet accord, le Major Quar soutient que les zones de West Atabong et de Akwabana devaient rester sous
l’administration directe du Nigeria pendant deux ans, une période qui permettra aux populations locales de déterminer si elles voulaient rester sur ce territoire ou être réinstallées en territoire nigérian. « Au bout de deux ans, la zone devra rester libre de toute présence militaire jusqu’à ce qu’elle revienne au Cameroun cinq ans après », a-t-il déclaré.

« Les deux pays doivent strictement se conformer à cet accord, au cours des deux années, toute l’étendue de la péninsule devra être démilitarisée. Les gendarmes, au terme de l’accord, ne doivent pas occuper les zones libérées. Ils ne sont pas autorisés à circuler dans les zones que nous allons libérer, » a-t-il précisé.

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