Déluge de craintes au Mozambique

ONG et opérateurs économiques sont inquiets alors que commence la saison des pluies. Le pays ne pourrait pas se relever de nouvelles inondations alors qu’il a à peine entamé sa convalescence liée au désastre de l’an dernier.

Le Mozambique croise les doigt en regardant tomber la pluie. Opérateurs économiques et organisations humanitaires redoutent de nouvelles inondations au Mozambique, un an après un déluge catastrophique causant près d’un millier de morts, 544 000 déplacés et, selon les estimations,700 millions et deux milliards de dollars de dégâts.

Alors que la saison des pluies vient à peine de commencer la capitale de la province de Gaza, Xai Xai, accueille un flot ininterrompu de réfugiés des campagnes environnantes, fuyant les nouvelles inondations.

 » Nous sommes très inquiets, confie le responsable de la délégation locale de la Croix-rouge, Mark Wilson. Car les ravages de l’an dernier ont été tellement terribles qu’aujourd’hui le pays n’est pas en état de supporter de nouvelles pluies, fussent-elles normales « .

Vulnérable, trop vulnérable

Près de 50% des infrastructures routières sont encore détruites, ainsi que nombre des centres de soins. La rivière Limpopo, au Sud, et le fleuve Zambèze, dans le centre du pays, auraient déjà atteint leur niveau d’alerte.

Les autorités ont mis neuf mois pour dégager la principale route reliant Xai-Xai à l’extérieur. 30 jours plus tard, de larges portions de cette voie vitale sont déjà sous les eaux.

La Croix-rouge a appelé à une aide d’urgence afin d’offrir quelques 4 000  » colis familiaux  » : Un  » kit  » contenant des jerrycans, des seaux, des solutions anti-moustique, nécessaires de cuisine et des sachets de soupe.  » Nous parons au plus pressé, rapporte Mark Wilson. 24 000 personnes sont déjà en danger. Il faut mettre l’eau potable à l’abri et constituer des premiers barrages pour protéger les réfugiés qui ont quitté leur foyers l’an dernier, avant le gros des pluies prévu pour fin janvier. La Croix-rouge à construit un hôpital dans le centre, mais comme la logistique ne suit pas, nous nous en tenons à des préoccupations basiques « .

En cause : la lenteur des aides internationales.  » Sur les 50 millions de dollars d’aides que la communauté internationale avait promis au Mozambique, seuls 17 millions ont été réellement débloqués pour le moment « , estime le responsable local de la Croix-rouge.