Déclaration d’Ibrahim Boubakar Keita

Vendredi 23 mars 2012

Chers
Compatriotes,

C’est
avec
gravité
et
émotion
que
je
m’exprime
aujourd’hui,
comme
responsable
politique,
comme
démocrate
et
républicain,
mais
avant
tout
comme
Malien.

Notre
pays
connaît
une
situation
de
crise
d’une
extrême
gravité.
La
prise
du
pouvoir
par
des
soldats
mutins
et
l’annonce
de
la
suspension
des
institutions
de
la
République
n’est
rien
d’autre
qu’un
coup
d’État
militaire.

Je
veux
le
dire
aujourd’hui
avec
force
et
solennité
:
je
condamne
ce
coup
d’Etat
avec
la
plus
grande
fermeté.

A
quelques
jours
de
la
commémoration
de
l’anniversaire
de
notre
démocratie
le
26
mars,
ce
coup
de
force
ternit
l’honneur
du
Mali,
et
entache
gravement
l’image
de
notre
pays,
jusqu’ici
considéré
comme
un
exemple
en
Afrique.

A
quelques
semaines
d’une
élection

le
peuple
Malien
s’apprête
à
choisir
librement
et
démocratiquement
son
avenir,
nul
ne
saurait
légitimement
se
substituer
par
la
force
à
la
souveraineté
populaire.
Ce
coup
d’État
est
en
réalité
un
coup
d’arrêt
à
notre
projet
commun
de
changement
pour
un
développement
démocratique,
auquel
le
peuple
malien
adhère
dans
son
écrasante
majorité.

Seul
un
pouvoir
démocratiquement
élu,
puisant
sa
force
et
son
autorité
dans
la
légitimité
de
la
souveraineté
populaire,
sera
à
même
de
garantir
l’unité
nationale,
de
rétablir
l’ordre
sur
l’ensemble
du
territoire,
et
de
mener
à
bien
l’indispensable
redressement
économique
et
social
du
pays.

En
concertation
avec
les
principaux
acteurs
civils
et
politiques,
l’ordre
constitutionnel
doit
être
immédiatement
rétabli.

Le
calendrier
électoral
doit
être
maintenu,
et
les
élections
se
tenir
à
la
date
prévue,
le
29
avril,
pour
rendre
possible
le
vrai
changement.
Un
changement
que
seul
un
pouvoir
porté
par
les
urnes
et
non
usurpé
par
les
armes
peut
porter
et
mettre
en oeuvre.

Chers
Compatriotes,

Depuis
plusieurs
années,
je
n’ai
cessé
de
dénoncer
la
situation
dans
le
Nord-­?
Mali,
et
en
particulier
régulièrement
appelé
à
un
renforcement
des
moyens
accordés
à
nos
forces
de
sécurité
pour
lutter
contre
les
rebelles
et
les
bandits
qui
font
régner
la
terreur
dans
notre
pays.

Je
comprends
donc
le
désarroi
et
la
colère
des
soldats.
Mais
l’armée
doit,
en
toute
circonstance,
garantir
l’ordre
constitutionnel.
Soldats
du
Mali,
c’est
l’honneur
de
votre
engagement
et
de
votre
mission.

Par
conséquent,
je
demande
l’arrêt
immédiat
de
toute
violence,
de
tout
tir,
de
toute
arrestation,
et
de
tout
acte
de
vandalisme.

Officiers,

Sous-­Officiers,

Militaires
du
Rang,

Forces
Armées
et
de
Sécurité,

Je
vous
demande
de
préserver
à
tout
prix
la
vie
de
nos
concitoyens,
civils
et
militaires,
sans
exclusion.

Je
vous
demande
de
libérer
dans
les
meilleures
conditions
les
personnalités
arrêtées.

Je
vous
demande
de
faire
confiance
au
Peuple
du
Mali,
pour
que
le
changement
que
vous
avez
souhaité,
que
nous
souhaitons
tous,
se
fasse
dans
un
cadre
démocratique.
Je
vous
demande
d’aider
le
Mali
à
sauver
son
honneur
!

Chers
Compatriotes,

Dans
ces
moments
douloureux
de
la
vie
du
Mali,
il
est
très
important
que
chacun
d’entre
nous
garde
son
calme,
que
chacun
d’entre
nous
reste
digne.
Il
est
indispensable
que
nous
préservions
l’essentiel
:
l’unité
et
la
cohésion
de
notre
Nation.

C’est
parce
que
nous
serons
unis
que
nous
pourrons,
tous
ensemble,
tenir
des
élections,
mettre
fin
à
la
rébellion,
améliorer
les
conditions
de
notre
armée,
et
développer
le
Mali
pour
le
bien-­être
de
tous
les
maliens.
Inch’Allah
!

Vive
la
République !

Vive
la
Démocratie !

Vive
le
Mali !

Je
vous
remercie.