Décès d’Omar Bongo : la classe politique gabonaise appelle au respect de la constitution

La classe politique gabonaise, après l’annonce de la mort du chef de l’Etat gabonais, Omar Bongo Ondimba, décédé lundi dernier à Barcelone, en Espagne, a lancé de nombreux appels au calme et au respect de la légalité constitutionnelle. Elle demande à ce que soient préservés la paix et l’unité nationale. Conformément à la Constitution gabonaise, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, va assurer l’intérim de la présidence de la République. Elle aura charge d’organiser dans les 45 jours l’élection qui choisira le nouveau président de la République. A Libreville, qui tourne au ralenti, la population reste dans l’expectative.

Notre correspondant au Gabon

Comme le stipule l’article 13 de la Constitution nationale fixant les dispositions relatives à la vacance du pouvoir, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, assurera l’intérim et l’organisation de l’élection de succession du président de la République gabonaise. La Cour constitutionnelle du Gabon a déclaré, mardi, que cette procédure serait respectée. Depuis l’annonce du décès d’Omar Bongo Ondimba, lundi après-midi, la classe politique gabonaise avait multiplié les appels au respect de la légalité constitutionnelle.

C’est madame Georgette Koko, vice-premier ministre, qui a ouvert le bal hier, en demandant aux Gabonais de préserver la paix et la cohésion nationale « dans le respect des institutions de la République ». « En cette circonstance douloureuse, le gouvernement de la République vous invite à être unis et solidaires dans le recueillement et la dignité », a-t-elle précisé.

Ali Bongo Ondimba, ministre de la défense et fils du défunt président, rappelant les qualités « de père attentif », et l’œuvre d’unité nationale d’Omar Bongo Ondimba, a pour sa part, enjoint les Gabonais à s’élever au-delà des considérations personnelles. « En cette circonstance difficile, seul l’amour de la patrie doit nous interpeller et constituer, a-t-il souligné, un devoir sacré pour tous les enfants du Gabon ». Le ministre de la défense nationale a par ailleurs invité ses compatriotes « au calme, au recueillement et à la sérénité des cœurs », afin de préserver la paix et l’unité de tous les Gabonais.

Maître Louis Gaston Mayila, l’un des anciens amis politiques d’Omar Bongo Ondimba, qui est passé dans l’opposition à la veille des élections locales d’avril 2008, emboîtant le pas aux membres du gouvernement, et évoquant la question de la succession du chef de l’Etat gabonais décédé, a insisté sur le respect des textes règlementaires. Il a appelé à la responsabilité et au patriotisme de la classe politique nationale. « La communauté internationale a les yeux braqués sur nous », a-t-il fait remarquer, invitant les éventuels candidats à la succession de calmer leurs ardeurs, afin que la transition politique se fasse en douceur ». Le secrétaire général du parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Faustin Boukoubi, qui a invité également le peuple gabonais à la sérénité et au recueillement, s’est prononcé en faveur du « respect de la légalité constitutionnelle.

Un deuil national de 30 jours

Un deuil national de 30 jours a été décrété sur l’ensemble du territoire et pendant cette période, les drapeaux seront mis en berne. Les frontières du Gabon ont été fermées, alors que l’armée a pris des mesures spéciales pour sécuriser ‘’les endroits sensibles’’ dans la capitale gabonaise où le maire central, Jean François Ntoutoume Emane, a décidé de la fermeture des débits de boissons et des boites de nuits.

Depuis l’annonce officielle du décès du président de la République, Omar Bongo Ondimba par le gouvernement, la vie semble tourner au ralenti à Libreville. La plupart des administrations ont fermé leurs portes un peu plus tôt pour permettre aux employés de regagner leurs domiciles avant la tombée de la nuit. Les grandes surfaces commerciales ont été également fermées avant 18 heures locales. Les habitants, visiblement abattues par la disparition inattendue de leur président, ont abandonné aussi rapidement, les lieux publics, les rues et les débits de boissons qu’elles raffolent en temps normal.

Bon nombre de Gabonais rencontrés ont dit préférer la paix et la stabilité. « Nous ne souhaitons pas que le Gabon se transforme en une poudrière. Omar Bongo Ondimba nous a légué un pays pacifique et stable », nous a déclaré un jeune étudiant sous couvert de l’anonymat, souhaitant que le successeur du défunt président ne vienne pas brader les valeurs qui ont toujours fait la noblesse du peuple gabonais.

Né le 30 décembre 1935 à Bongoville (Sud-est), dans une famille de 7 enfants, Omar Bongo Ondimba a dirigé le Gabon pendant 42 ans. Il a accédé au pouvoir le 2 décembre 1967, alors qu’il n’avait que 32 ans. Militaire de formation, il fut tour à tour ministre de l’information, ministre des travaux publics et ministre de la défense, avant d’être promu au poste de vice-président de la République, puis président de la République par le jeu de la Constitution, après le décès de Léon Mba, premier président du Gabon.

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Sur la photo : Rose Rogombé