De nouvelles mutineries dans les garnisons de Conakry

Les militaires guinéens, qui avaient arrêté leur mutinerie après leur rencontre avec le Premier ministre Lansana Kouyaté, vendredi dernier, ont repris les armes, jeudi, dans les quartiers de la haute banlieue de Conakry. Ils exigent le paiement intégral de leurs arriérés de solde et la mise à l’écart d’officiers supérieurs qu’ils accusent d’être à l’origine de leurs malheurs.

Selon plusieurs témoins joints par la PANA au téléphone dans les quartiers de Sangoya et Matoto, dans l’une des plus grosses communes sur les 5 que compte Conakry, les populations se sont terrées chez elles pour ne pas être victimes de balles perdues, comme lors des soulèvements populaires de janvier et février derniers, au cours desquels plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans la capitale guinéenne.

A Guéckédou (600 km au sud-est de Conakry), une commerçante a été tuée d’une balle en pleine tête et cinq civils blessés, lors de tirs de protestation de militaires mécontents.

Un communiqué du Conseil des ministres hebdomadaire de mercredi avait pourtant annoncé que les droits et autres avantages des militaires en colère depuis environ 15 jours seront payés par le ministère de la Défense.

Les militaires assurent que depuis la mutinerie des 2 et 3 février 1996 et l’intervention de l’armée guinéenne en Sierra Leone, plusieurs d’entre eux ont eu droit à des augmentations de salaires, qui ne sont pas perceptibles dans leur quotidien.

Ils estiment leurs avantages à quelque 330 milliards de Francs guinéen (1 dollar US = 3.250 Fg) et appellent le général Lansana Conté à démettre de leurs fonctions les généraux Ousmane Arafan Camara, ministre de la Défense, précédemment chef d’état-major adjoint des Armées, Kerfalla Camara, chef d’état-major général des Armées et Kandet Touré, directeur de Cabinet à la Défense, ainsi que le colonel Bambo Fofana, Intendant général des armées.

Plusieurs mutins souhaitent que le général Conté les reçoive. Lors de leurs précédentes sorties, qui avaient gagné plusieurs garnisons du pays, deux militaires ont trouvé la mort et 70 autres ont été blessés.

Les populations restent indifférentes face à un problème qu’elles qualifient de « cuisine interne » entre des gens qui ont osé brimer leurs compatriotes, depuis l’arrivée au pouvoir des militaires le 3 avril 1984.

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