
Le 26 septembre, les Journées internationales Algérie font de Paris un lieu de rencontre entre écrivains et universitaires, ouvert aux lecteurs, autour du thème « Voyage en littérature et culture algériennes ». Une rencontre centrée sur les liens entre la littérature algérienne et l’histoire du pays, sur fond de dialogue complexe entre les deux rives de la Méditerranée.
À Paris, la littérature algérienne entre mémoire, histoire et transmission
La littérature algérienne s’est souvent écrite au croisement de plusieurs histoires, langues et mémoires. C’est cette richesse que les Journées internationales Algérie mettent en avant samedi 26 septembre au FIAP, dans le 14e arrondissement de Paris. Au programme : conférences, débats, rencontres avec des écrivains, projection de film et séances de dédicaces, autour de la création littéraire et de l’histoire contemporaine de l’Algérie.
Une littérature façonnée par l’histoire
La littérature algérienne est marquée par les grandes ruptures que le pays a connues depuis le XIXe siècle avec la conquête coloniale française et les résistances qu’elle a suscitées, la guerre d’indépendance, la construction de l’État algérien, puis les violences des années 1990.
Dès avant l’indépendance, des écrivains comme Mouloud Feraoun, Mohammed Dib, Mouloud Mammeri ou Kateb Yacine font de la littérature un espace où s’expriment la condition coloniale et les transformations de la société, en quête d’une identité propre. Le français, langue de la colonisation, devient aussi l’un des instruments de cette écriture : Kateb Yacine ira jusqu’à le qualifier de « butin de guerre ».
Après 1962, cette tradition se poursuit avec Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Tahar Djaout ou Yasmina Khadra, tandis que d’autres écrivains choisissent l’arabe ou le tamazight. C’est cette pluralité que la rencontre parisienne se propose d’explorer, en s’attardant sur les littératures algériennes d’expression française et sur les relations entre histoire et mémoire.
De l’Émir Abdelkader à Frantz Fanon
L’Émir Abdelkader, chef de la résistance à la conquête française dans les années 1830 et 1840, sera lui aussi évoqué, à travers son parcours et sa détention au château d’Amboise aux côtés de plusieurs membres de son entourage.
Frantz Fanon occupe une autre place dans le programme. Né en Martinique en 1925, formé à la psychiatrie, il rejoint l’Algérie pendant la période coloniale et s’engage aux côtés du Front de libération nationale. Ses ouvrages Peau noire, masques blancs et Les Damnés de la Terre ont largement dépassé le seul cadre algérien pour devenir des références des pensées anticoloniales et postcoloniales. Un an après le centenaire de sa naissance, célébré en 2025, son héritage nourrit toujours les réflexions sur la domination coloniale et la décolonisation.
La manifestation prévoit la projection du film Frantz Fanon d’Abdenour Zahzah, suivie d’un échange avec le réalisateur et l’universitaire Benaouda Lebdaï, dont les travaux portent notamment sur la pensée du psychiatre martiniquais.

Paris, autre territoire de la culture algérienne
Depuis des décennies, la capitale française est l’un des lieux où s’écrit et se publie une partie de la littérature algérienne. Plusieurs générations d’auteurs y ont vécu ou y ont trouvé leur public. Un espace littéraire franco-algérien s’est alors logiquement constitué à Paris.
La journée se prolonge avec la présence d’éditeurs et de libraires, des rencontres avec les auteurs, puis une soirée consacrée au patrimoine musical algérien, entre malouf et chant kabyle, jusqu’au chaâbi.




