De Kingston à Oran

La rencontre du raï et de reggae. L’album concept Big Men explore la fusion d’un mélange peu courant. De grands noms de la musique ont été réunis pour l’occasion. Inégale mais intéressante, l’expérience mérite tout de même qu’on y prête l’oreille.

Mélanger du reggae et du raï est une expérience musicale assez rare pour faire de Big Men un incontournable. Un album concept qui regroupe des grandes pointures de chaque univers pour un résultat honorable, mitigé certes mais intéressant.

Côté reggae, Chaka Demus & Pliers, U Roy, Horace Andy, excusez du peu, sont entre autres de la partie. Pour leur donner le change, sa majesté Khaled accompagné de Tarik et de Fadela pour ne citer qu’eux, se sont prêtés au jeu. Que l’on rassure tout de suite les septiques, le mariage des genres n’est pas contre nature loin de là. Pas une musique bâtarde donc mais plutôt une fusion réussie, du moins un mélange qui ne choquera pas les oreilles mélomanes.

Tous dans le tempo

Chose étonnante, les reggaemen sont aussi à l’aise sur les rythmes maghrébins que les raïmen sur les riddims (tempo reggae). Personne pourtant ne travestie son chant pour entrer dans le moule musical de l’autre. L’anglais et l’arabe, l’arabe et l’anglais se succèdent dans chaque morceau sans qu’on ne trouve à redire sur les transitions qui glissent naturellement d’une langue à l’autre.

Mais il manque quelque chose à l’album pour emporter tous les suffrages. Un je ne sais quoi de trop commun dans la musique pour que l’expérience ne soit couronné d’un succès intégral. Ou peut être faut-il mettre cela sur le compte de la pléiade d’artistes présents – et pas des moindres – sur Big Men. Difficile dans ces conditions d’avoir une homogénéité complète dans les productions. Toutefois, un duo comme celui de Larbi Dida et U Roy sur le titre  » Life « , par exemple, montre toute la puissance que peut révéler la rencontre d’Oran et de Kingston. Big Men reste un album à découvrir.

Big Men, Virgin 2001

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