Darfour : vives condamnations après l’attaque contre l’Amis

Les condamnations pleuvent après l’attaque, samedi soir, à Haskanita, d’un camp de la Mission de l’Union africaine au Darfour. Le raid, mené par des assaillants non identifiés, a fait 10 morts et presque autant de blessés.

Par Aurore Assombri

« Cette attaque délibérée et haineuse est la plus sérieuse à laquelle l’Amis [a] été confrontée depuis son déploiement ». C’est ainsi que le commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union Africaine (UA) résume l’agression, samedi, du camp de la Mission de l’UA au Soudan (Amis). Le raid a été mené à Haskanita, dans le Sud de la province occidentale du Darfour, par des assaillants non identifiés lourdement armés. Bilan : dix morts, huit blessés et 40 disparus. Du matériel militaire a par ailleurs été dérobé. Une enquête est en cours pour déterminer la responsabilité de l’attaque, que Khartoum impute déjà aux rebelles.

Préserver les négociations de paix

Depuis cette offensive meurtrière, les réactions se succèdent. « L’UA condamne dans les termes les plus fermes cette attaque qui ne répondait à aucune provocation. Le groupe responsable de cette attaque doit en porter toute la responsabilité », a déclaré Saïd Djinnit, commissaire pour la paix et la sécurité de l’organisation panafricaine. Le secrétaire général des Nations Unies (Onu), Ban Ki Moon, « condamne dans les termes les plus fermes la récente attaque » et « appelle à ce que les auteurs soient tenus pour responsables de cet acte inadmissible ». Un communiqué du ministère français des Affaires Etrangères « condamne avec la plus grande fermeté (…) cet acte meurtrier et inacceptable ». « La communauté internationale ne doit ménager aucun effort pour que les auteurs de cet acte ne restent pas impunis », ajoute le document.

L’attaque survient alors qu’une force mixte Onu-UA doit être déployée au Darfour et que les rebelles et le gouvernement doivent se rencontrer le 27 octobre en Libye pour résoudre leurs différends. Afin de préserver toutes les chances d’aboutir à un accord, Ban Ki Moon a exhorté les forces en présence à « s’engager de nouveau » en faveur d’une « résolution pacifique du conflit ». Quant à l’Union Africaine, Alpha Oumar Konaré a assuré que « cet acte odieux et lâche ne [la] dissuadera pas dans sa détermination et son engagement à ramener une paix durable et à soulager les souffrances de la population du Darfour ».

Le conflit au Darfour a fait en quatre ans et demi, selon l’Onu, 200 000 morts et plus de deux millions de déplacés. Depuis son déploiement en 2004 dans cette province, l’Amis, mal équipée et sous financée, aurait perdu une quarantaine de soldats.