Darfour : les forces de l’Union africaine prises pour cibles

Un groupe armé a enlevé, dimanche, 18 membres de la mission de maintien de la paix au Darfour. Un événement qui intervient après des violents affrontements, samedi, entre les soldats de l’Union africaine et l’Armée Populaire de Libération du Soudan (APLA), qui a causé la mort de 3 soldats nigérians.

Le week-end des 8 et 9 octobre a été marqué par un net regain de tension au Darfour (Ouest du Soudan), où les forces de maintien de la paix de l’Union africaine (UA) ont dû faire face à plusieurs agressions caractérisées.

La PANA rapporte en effet les circonstances précises qui ont conduit à la mort de trois soldats nigérians et de deux chauffeurs appartenant à une compagnie américaine, selon le Communiqué de l’U.A. Une équipe de patrouille du groupe de Khor Abeche en mission de routine sur la route de Khor-Nyala. Sur son chemin de retour à la base, aux environs de 17h 45mn, et un peu après avoir dépassé Menawasha, ils sont tombés sur les voleurs des deux véhicules d’une compagnie américaine. Les échanges nourris de tirs seront fatals à trois des soldats de la paix… Deux autres sont encore portés disparus : le bilan pourrait s’alourdir.

Dans le Communiqué publié le soir même, l’Union Africaine affirme que cette attaque était le fait de l’Armée Populaire pour la Libération du Soudan, d’une des deux forces rebelles en négociation en ce moment même à Abuja avec le gouvernement soudanais, sous l’égide de l’U.A… C’est la première fois que les forces de l’U.A sont ainsi directement prises pour cible au Darfour.

En revanche, le groupe armé qui a pris en otage dimanche 9 octobre quelque 18 membres de la mission de maintien de la paix au Darfour ne semble pas encore avoir été identifié. Parmi les otages figurent des observateurs militaires, des policiers mais également, semble-t-il, un responsable du Mouvement pour la Justice et l’Egalité, l’un des deux groupes rebelles du Darfour…

Le Président de la Commission de l’Union Africaine, Alpha Oumar Konaré, a immédiatement demandé par un communiqué « la libération immédiate » de tous les otages, dont il a révélé qu’ils étaient détenus à Tiné, à la frontière du Tchad.

De fait, le Porte-Parole de l’U.A, Noureddine Mezni, a été en mesure d’annoncer dans la soirée de dimanche que 16 des 18 otages avaient déjà été libérés, sans pouvoir donner plus de précisions.

Cette succession de violences survient après que l’U.A eut dénoncé la semaine dernière le gouvernement soudanais pour avoir en sous-main télécommandé des attaques de la milice arabe janjaweed contre des civils au Darfour.

L’Union compte quelque 5600 soldats de maintien de la paix au Darfour… Des soldats aujourd’hui pris entre deux feux : aussi bien le gouvernement que les rebelles se permettent de violer le cessez-le-feu qu’ils ont signé. Désormais, après les populations civiles qui paient un lourd tribu à cette guerre (plus de deux millions de persoinnes déplacées ou décimées), les troupes de maintien de la paix elles-mêmes sont prises pour cible…