Darfour : le Soudan et l’UA absents de la conférence internationale de Paris

La France accueille ce lundi une conférence internationale sur le Darfour, à laquelle elle participe avec les Etats-Unis, l’Europe, la Chine, l’Europe et les Nations Unies. Le Soudan et l’Union Africaine ont décliné l’invitation, le premier jugeant la réunion « inopportune » et le second se sentant offensé de n’avoir pas été consulté avant l’annonce de la rencontre.

L’avenir du Soudan étudié à Paris… sans le Soudan. La France accueille, ce lundi, une conférence internationale destinée à trouver une issue politique au conflit meurtrier du Darfour. Seront présents plusieurs organisations et des représentants de la France, des Etats-Unis, de l’Europe, de la Chine, l’Europe et les Nations Unies (Onu). Le Soudan a pour sa part jugé que cette rencontre était « inopportune » puisqu’il a accepté, le 12 juin, sans condition, le déploiement d’une force mixte Onu-Union Africaine (UA) qui comptera quelque 20 000 hommes.

Quatre thèmes pour y voir clair

Outre le Soudan, l’Afrique du Sud et l’UA ne participeront pas aux discussions. L’UA marque ainsi sa désapprobation de n’avoir pas été consultée avant l’annonce d’une telle rencontre. Une absence de poids, puisque cette instance panafricaine co-dirigera la force hybride qui doit voir le jour au Darfour. Bilan : la rencontre de Paris s’est ouverte à 9h GMT, et se terminera à 15h GMT, sans les principaux intéressés.

Les participants auront trois objectifs, a indiqué le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner : soutenir l’action des Nations Unies et de l’Union Africaine, financer leurs efforts et aider Khartoum et les divers mouvements rebelles à trouver une issue politique au conflit. Pour y voir plus clair, quatre thèmes seront étudiés : la relance du processus politique, la situation humanitaire et sécuritaire, la reconstruction des zones dévastées et les répercussions géographiques du conflit, qui s’étend à l’Est du Tchad et au Nord-Est de la Centrafrique.

« Echec de la communauté internationale »

On peut considérer que la présence des Etats-Unis et de la Chine à cette réunion représente une avancée. Les deux pays s’opposent sur ce dossier : Washington fait pression sur Khartoum, qu’il accuse de « génocide », et Beijing soutient le régime du président Omar el-Béchir, dont le pays lui fournit d’importantes quantités en pétrole.

Dimanche, la secrétaire d’Etat américaine a une nouvelle fois mis la pression sur Khartoum. « En fin de compte, tout cela reviendra à une affaire de volonté : il s’agit d’insister auprès de Khartoum pour qu’il permette le déploiement d’une force hybride », a déclaré Condoleezza Rice. Elle a ajouté : « J’ai dit au gouvernement de Khartoum qu’ils ne sont pas capables, ou peu disposés, à assurer la sécurité de ces populations, et donc ils doivent accepter une aide internationale pour le faire ».

« Condi » n’a également pas manqué de pointer du doigt l’échec de la communauté internationale dans le dossier Darfour : « J’ai vu de mes yeux les ravages et les conditions difficiles dans lesquelles vivent les populations au Darfour, et je vais être franche : je ne pense pas que la communauté internationale ait été à la hauteur de ses responsabilités ».