Darfour : l’ONU exige une enquête sur les Casques bleus tués

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exigé ce jeudi 4 octobre une « enquête approfondie » sur l’embuscade qui a coûté la vie à quatre Casques bleus, tous soldats nigérians, de la mission de maintien de la paix conjointe ONU-Union africaine (Minuad) au Darfour. Une attaque qui a fait, en outre, huit blessés.

L’ONU enjoint Khartoum de retrouver les assaillants. Une embuscade, à El-Geneina, capitale du Darfour-ouest, a coûté mercredi la vie à quatre Casques bleus, tous soldats nigérians, de la mission de maintien de la paix conjointe ONU-Union africaine (Minuad) au Darfour. Cette attaque a fait, en outre, huit blessés. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a exigé ce jeudi 4 octobre une « enquête approfondie ».

« Le secrétaire général demande instamment au gouvernement du Soudan de mener une enquête approfondie et de s’assurer que les responsables soient traduits rapidement devant la justice », a déclaré le porte-parole de l’ONU Martin Nesirky, rapporte LeFigaro.fr.

Selon le communiqué des Nations Unies, les soldats de la Minuad ont reçu des tirs, en provenance de différentes directions. Pour se protéger, ils ont riposté contre les assaillants. Le lieutenant-général Patrick Nyamvumba, commandant en chef de la Minuad, « condamne (lui aussi) dans les termes les plus fermes, cette attaque criminelle contre nos soldats qui sont ici au service des populations du Darfour ».

Le Soudan toujours embrasé

L’ONU a déployé en 2007 des Casques Bleus au Darfour en vue de stabiliser la situation politique, en mettant un terme au conflit entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles. Ainsi, la Minuad dispose de 23 500 soldats pour sécuriser le pays.

Le Soudan entretient par ailleurs de relations tendues avec son voisin. Depuis l’accès à l’indépendance du Soudan du Sud, le 9 juillet 2011, Khartoum et Juba n’ont cessé de s’affronter sur la question pétrolière, son exportation et sa taxation. Depuis janvier, le tout nouvel Etat, qui possède les trois quarts des ressources de pétrole, avait même interrompu sa production afin de faire plier le voisin du nord, qui accueille les oléoducs. Ce dernier, faute d’accord sur la redevance pour le transit, prélevait du brut à son passage sur son territoire.

La pression internationale a partiellement payé. Réunis depuis ce dimanche 23 septembre à Addis Abeba en Ethiopie, Omar el-Béchir et Salva Kii, les chefs d’Etats des Soudan et Soudan du Sud sont parvenus ce mercredi 26 septembre à un accord partiel portant sur la mise en place d’une zone démilitarisée à la frontière. Les deux autres points de discorde, la délimitation des frontières et le statut de la zone pétrolière contestée d’Abyei, restent en suspens.

Cette nouvelle attaque meurtrière, au Darfour, vient rappeler que le Soudan reste un pays instable, dont la sécurité laisse toujours à désirer. Son voisin du sud se trouve, également, dans la même situation. D’où l’intérêt pour l’ONU de pacifier les relations entre les deux Etats.

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