Dakar loge les nouveaux arrivants

Le conflit ivoirien a vu le déplacement de populations en direction de Dakar. Contrairement à certains échos de la presse nationale quant à l’aggravation de la crise immobilière dans la capitale sénégalaise, l’afflux conjoncturel de personnes n’inquiète pas les professionnels du secteur.

L’habitat sénégalais ne souffre pas particulièrement de l’arrivée subite de populations en provenance d’Abidjan. Même si Dakar à l’instar des grands centres urbains du continent, connaît une crise du logement due à une forte croissance de la population citadine et à une faible politique d’urbanisation,  » L’urbanisation reste un casse tête « . M. Cissé, directeur commercial de la Société Nationale des Habitats à Loyers Modérés ( SNHLM ), soutient que le problème est tout entier et qu’elle ne date pas de la crise ivoirienne.

L’habitat depuis une décennie connaît un ralentissement au Sénégal. La pénurie de logements à Dakar, s’explique par une crise foncière et un manque de financement des projets, indique M. Cissé.  » Le robinet des bailleurs de fonds étrangers est coupé « . La solution qui s’offre alors est l’assainissement des parcelles. L’Etat met à la disposition des terrains que la SNHLM, notamment viabilise pour les exploiter. Le secteur se caractérise par la rareté des projets immobiliers. Comme le soutient M. M’baye, promoteur privé,  » les réalisations immobilières ne se font pas à l’échelle industrielle à cause des difficultés rencontrées dans le secteur « .

Pas d’effet sur le marché

 » Le pays n’a pas enregistré d’arrivée massive de gens, peut être un charter ou deux « . Selon M. Angrand de la Banque de l’Habitat, il n’y a pas eu un afflux de population de la Côte d’Ivoire vers le Sénégal. La présence, ponctuelle ou définitive, de ces arrivants n’a aucunement affecté le marché du logement à Dakar.  » De toutes façons, ils ont pour la plupart, déjà un pied à terre ici « .

Dans le cadre d’une coopération entre la Banque de l’Habitat sénégalaise, et des établissements financiers à Abidjan comme la City Bank, les ressortissants sénégalais bénéficient de facilités pour l’accès à la propriété. Un constat s’impose toutefois, certains acquéreurs dans l’urgence, ont dû se  » rabattre sur le système D « , rajoute M. Cissé. Se faire héberger par la famille ou des amis le temps de trouver un logement.

Par ailleurs, la location a permis de loger les populations  » étrangères « . certains expatriés occidentaux et cadres africains partis d’Abidjan pour Dakar, n’ont pas rencontré de difficultés à trouver un toit. D’après M. Angrand,  » Leurs situations financières et les loyers à Dakar relativement abordables leur ont permis de tout de suite s’installer « . Le secteur immobilier par l’arrivée des populations en provenance d’Abidjan, n’a donc pas tant connu de bouleversement.  » Tel peut- être le constat au niveau de l’activité économique en général « , commente M. Angrand.