Dakar et Paris en passe de se livrer une guerre judiciaire ?

La justice française a lancé la semaine dernière un mandat d’arrêt international contre neuf personnalités sénégalaises impliquées dans le naufrage du Joola, le 26 septembre 2002. Le Premier ministre d’alors, Mame Madior Boye, et le général Babacar Gaye, actuel commandant en chef de la Mission de l’Onu au Congo-Kinshasa (Monuc) comptent parmi elles. Les familles des victimes ont porté l’affaire, classée par la justice sénégalaise, devant les tribunaux français en 2003. Me Amadou Sall, le porte-parole du président Abdoulaye Wade a réclamé une annulation de ces mandats pour éviter une « escalade judiciaire » entre la France et le Sénégal, rapporte Allafrica.com. Pour se défendre, les autorités sénégalaises pourraient se servir de l’accident entre une mini-moto et une voiture de police, en novembre 2007, qui a tué un jeune Franco-Sénégalais à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). L’incendie criminel d’un bus à Marseille en 2006, dont la principale victime a été une étudiante sénégalaise, Mama Galledou, et les reconduites à la frontière musclées de la police française pourraient servir au Sénégal dans cette éventuelle guerre judiciaire.