Dak’art 2006 : « Afrique, entendus, sous entends, malentendus »

Le rôle de l’art est de mettre devant les gens des objets qui peuvent être interprétés ou jugés selon les référentiels culturels de chaque individu, quelle que soit sa provenance, a estimé lundi à Dakar, l’Ivoirien Yacouba Konaté, le Commissaire général de la septième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, Dak’art 2006.

« L’art ne doit pas être renfermé dans des référentiels culturels,limités. C’est l’expression plurielle qu’il offre qui fait qu’il ne se limite pas à une seule identité », a expliqué M. Konaté, en marge d’une rencontre de réflexion sur le thème de la Biennale: « Afrique, entendus, sous
entends, malentendus ».

Il a souligné que: « l’affirmation négative des identités peut être source de certains conflits stupides. L’identité est une notion ambivalente et ambiguë. Parce qu’autant on peut se servir d’elle pour mener des combats justes et positifs, autant on peut l’utiliser pour abrutir le peuple à des fins personnelles », a analysé le philosophe qui a proposé le thème de la Biennale de Dakar.

Selon Yacouba Konaté, le thème de Dak’art 2006 pose la
problématique de « tout ce que les Africains et les non Africains pensent des Africains ». Il a fait savoir que de nombreuses réflexions de ceux-ci confortent l’afro-pessimisme et l’idée selon laquelle « la culture de l’Afrique serait impropre au développement ».

« Ce type de discours peut décourager les Africains qui font déjà face à plusieurs défis du développement. Le fait d’être Africain ne doit pas être en question, le plus important est de donner le capital nécessaire aux nombreux projets de développement », a estimé le professeur, expliquant que les rencontres de réflexion sur le thème de la Biennale « ambitionnent d’esquisser des voies de sortie sur la problématique de l’afro-pessimisme ».

Dans la lignée du Festival mondial des arts nègres

La septième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar a débuté vendredi dernier par une cérémonie d’ouverture présidée par le chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade. Des expositions internationales In et Off, des rencontres d’échanges et un salon de design sont les principales attractions de cette Biennale à laquelle prennent part 87 artistes provenant de 27 pays africains et du monde entier.

L’aventure de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar a commencé en 1990 avec une première édition consacrée aux Lettres. La deuxième édition dévolue aux arts a adopté la dénomination de Dak’art, avec une option internationale.

L’initiative d’une Biennale des arts fut lancée par le ministère sénégalais de la Culture pour renouer avec l’organisation des manifestations à caractère international.

Elle s’inscrit dans la lignée de grands événements culturels comme le Festival mondial des arts nègres dont la première édition fut organisée dans la capitale sénégalaise en 1966.

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