Dadis Camara accepte de poursuivre sa « convalescence » au Burkina

Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, par le capitaine Dadis Camara, le président par intérim, le général Sékouba Konaté, et le médiateur dans la crise guinéenne, le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré. Il prévoit que le chef de la junte reste en « convalescence » au Burkina Faso et la tenue d’élections démocratiques dans six mois.

Le capitaine Moussa Dadis Camara reste au Burkina Faso. Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé vendredi à Ouagadougou, prévoyant le maintien « en convalescence » du chef de la junte, selon un communiqué officiel. L’accord a été paraphé par le capitaine Camara, le président intérimaire de la Guinée, le général Sékouba Konaté, et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré. Le chef de la junte « prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition », précise le texte, selon l’AFP.
L’accord prévoit la création d’un conseil national de transition, la mise sur pied d’un « gouvernement d’union » conduit par un « Premier ministre, président du conseil des ministres, issu du Forces vives », et l’organisation d’élections dans un délai de « six mois ».

Les membres de la junte ne participeront pas au scrutin

Il stipule en outre que « les membres du Conseil national de transition, le chef d’Etat de transition, les membres du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité » ne prendront pas part au scrutin.

Cet accord intervient trois jours après l’arrivée-surprise mardi soir du capitaine Dadis Camara à Ouagadougou, après plus d’un mois d’hospitalisation au Maroc suite à une blessure par balle à la tête lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre par son aide de camp. Une arrivée qui avait suscité beaucoup d’inquiétudes à Paris et à Washington, et mis la scène politique guinéenne sous tension. Au point où le général Konaté, soutenu par la communauté internationale, avait menacé de démissionner jeudi soir, lors de sa rencontre avec une délégation d’officiers pro-Dadis à Ouagadougou, venus de Conakry exiger le retour du chef de la junte en Guinée.

L’atmosphère était également tendue l’après-midi à Conakry, où les partisans du capitaine Camara avaient organisé un sit-in à l’aéroport. Il avait réuni plusieurs centaines de personnes qui demandaient le retour de la junte au pouvoir.

L’opposition doit aussi s’accorder

Les Etats-Unis avaient fait part jeudi de leur souhait de voir le président Compaoré « persuader » le chef de la junte, mis en cause avec d’autres membres de la junte, par l’ONU dans le massacre du 28 septembre, de ne pas retourner en Guinée.

« Nous voudrions que Blaise Compaoré garde Dadis, qu’il lui permette de poursuivre sa convalescence, parce que je pense qu’il n’est pas pleinement rétabli, et que Sékouba Konaté ait la possibilité de rentrer en Guinée, et de poursuivre la transition avec les civils », a indiqué le responsable-adjoint des Affaires africaines au sein de la diplomatie américaine William Fitzgerald.

Le chef de la junte maintenu au Burkina Faso, la balle est, semble-t-il, désormais dans le camp de l’opposition qui peine toujours à se mettre d’accord sur la désignation d’un Premier ministre de transition. La première étape vers l’organisation d’élections libres dans six mois.