D’Geyrald rejoint la Fondation King Mensah

L’artiste, producteur et animateur, D’Geyrald a décidé de rejoindre le combat de la star de la musique togolaise King Mensah en épaulant la Fondation par une association française loi de 1901, « SOLEIL D’ART ». L’homme de scène et de média a décidé de mettre tout son poids dans la balance pour aider à développer une école des arts doublée d’actions éducatives et sanitaires à Togoville.

Culture, soin et éducation. Le projet, déjà avancé, d’école des arts de Agbodrafo a séduit l’artiste français D’Geyrald. Un centre où une vingtaine d’enfants bénéficieront d’un enseignement artistique, d’une couverture santé et une formation scolaire. D’Geyrald prend ainsi le train en marche et rejoint le grand initiateur de cette école pas comme les autres, King Mensah, la star de la musique togolaise qui officie dans son fief. Pour se faire il a créer l’association SOLEIL D’ART.

Afrik.com : Comment décririez-vous le concept de votre association ?

D’Geyrald :
Il s’agit de fournir une formation artistique, un peu comme les Beaux-Arts à Paris. Peinture, théâtre, musique, toutes les formes d’art seront représentées. Nous souhaitons offrir un bagage à tous ces jeunes qui constituent un vivier de talents. En plus de tout cela nous allons construire des dortoirs pour faire un véritable internat, nous allons également monter un dispensaire et dispenserons enfin des cours de français. Nous allons commencer avec 20 jeunes.

Afrik.com : Vous avez décidé de vous investir dans ce projet après un simple voyage. Qu’est-ce qui vous a séduit ?

D’Geyrald :
J’ai eu un véritable coup de cœur pour la région et pour les gens. Mais l’élément déclencheur reste ma rencontre avec King Mensah. Notre rencontre humaine et fraternelle, nous sommes tous les deux artistes et il y a un feeling qui est indéniablement passé entre nous. Par ailleurs King est l’une, si ce n’est la, plus grandes stars du pays. Il pourrait se contenter de profiter de sa notoriété, mais il n’en fait rien. Au contraire, il l’utilise pour aider les autres et en l’occurrence les enfants. Je trouve cela énorme et admirable. Il m’a expliqué sa démarche, tout ce dont il avait besoin. J’ai dit banco.

Afrik.com : Il s’agit pour vous d’une action l’humanitaire ?

D’Geyrald :
Ce n’est pas de l’humanitaire. Ce n’est pas pour me donner bonne conscience que j’ai décidé de m’investir corps et âme dans le projet. J’ai du sang noir dans les veines, car mon père est antillais. J’estime que je suis lié à l’Afrique. Alors j’ai décidé de mettre mes relations au service d’une cause en laquelle je crois. Si l’on peut amener ces enfants, même si le nombre n’est pas pléthorique, à mieux préparer et gérer leur vie d’homme, j’estime que c’est la plus belle des récompenses. Mais l’idée n’est pas seulement de former artistiquement les enfants, mais d’essayer de créer un pont entre là-bas et ici pour mettre en avant les talents révélés. Les créations faites donneront lieu à des expositions à Paris et éventuellement de les vendre.

Afrik.com : Des cours de français, un dispensaire, un internat, tout ceci nécessite des fonds. Quelle est votre stratégie ?

D’Geyrald :
Ma mère est professeur de français aux Etats-Unis. J’ai réussi à la convaincre de faire partie de l’aventure. Elle va proposer des cours par correspondance, elle va également envoyer des livres de français à la fondation et compte même se rendre directement sur place une ou deux fois par an pour consacrer un peu de temps à la fondation. Quant à la partie santé, il se trouve que mon père est médecin. Je l’ai, lui aussi, persuadée de nous suivre et de nous accompagner. Il va faire jouer ses réseaux pour nous faire parvenir des médicaments de base. Et même des préservatifs dans le cadre de la prévention contre le sida. Et puis je n’ai pas sollicité que mes parents, loin de là. Il y a tout un réseau derrière moi qui me soutient. Dans un premier temps nous aurons besoin de 1 500 euros par trimestre pour fonctionner correctement.

Afrik.com : A-t-il été difficile de convaincre vos parents de vous accompagner ?

D’Geyrald :
Même si mes parents sont divorcés, ils ont toujours été un exemple pour moi, car ils ont réussi à vaincre les préjugés. Mon père le Noir, ma mère la Blanche, ils ont dû essuyer beaucoup de difficultés et affronter les regards des autres. Ils ont développé une véritable ouverture d’esprit. J’admire le fait qu’ils aient accepté de mettre leurs rancoeurs personnelles de côté pour m’épauler dans ma démarche. Une démarche que ma mère, qui m’a toujours suivi dans mes choix, respecte par rapport au travail sur la langue française, une démarche que mon père respecte parce qu’il est fier que je renoue ainsi avec mes origines.

Afrik.com : Le Togo traverse aujourd’hui passe socio-politique difficile. L’instabilité relative du pays ne vous inquiète-t-il pas ?

D’Geyrald :
Quand la population a des problèmes, c’est uniquement avec le pouvoir. Quand qu’on agit pour la population, il n’y a pas de raison qu’on nous fasse des problèmes. King Mensah me disait qu’il pensait initialement « faire sa star », mais que s’il le faisait « les gens allaient le détester ». Avec ses actions, il est, au contraire, quelqu’un d’extrêmement respecté dans tout le pays.

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