Cuisine et dépendance, ou l’amour selon Calixthe Beyala

Dans son dernier livre, la Camerounaise Calixthe Beyala nous explique  » Comment cuisiner son mari à l’africaine « . Entre métaphores culinaires et recettes exotiques, le programme est alléchant.

L’idée est originale : mélanger les aliments et les mots dans la même marmite littéraire. Vous en rêviez ? La bouillonnante et talentueuse Calixthe Beyala l’a fait. Car dans  » Comment cuisiner son mari à l’africaine « , la romancière entrelarde une histoire de fiction avec des recettes exotiques à souhait. Mademoiselle Aïssatou, jeune Africaine à Paris, tombe folle amoureuse de son voisin de palier, M. Bolobolo. Pour le séduire, elle se remémore les conseils de sa mère et se lance à corps perdu dans la confection de plats tous plus alléchants les uns que les autres.

On connaissait le dolé ou le ngombo, mais vous découvrirez au fil des pages des plats qui – paraît-il – font se pâmer d’aise les mâles en quête de bonne chère. Tortue de brousse aux bananes plantains vertes, antilope fumée aux pistaches, boa en feuilles de bananier, crocodile à la sauce tchobi, ou bien encore porc-épic aux noix de mangues sauvages…

Planche à pain égale belle femme

Pourtant, sous le côté insouciant et léger des recettes de cuisine, Calixthe Beyala dresse le portrait d’une jeune Africaine en mal de repères, dans une société qui refuse la nourriture et les rondeurs féminines, et qui propose un modèle de beauté à l’opposé de celui qui prévaut en Afrique. La romancière dénonce cet état de fait :  » J’ignore quand je suis devenue blanche, mais je sais que je me décrêpe les cheveux avec du Skin Succès fort (…), je me desquame la peau avec Vénus de Milo. (…) Je brime mon corps. (…) Planche à pain égale belle femme.  »

Entre humour, sensualité et souffrance, ce petit livre est à transporter de la cuisine au salon. Calixthe Beyala vient d’inventer le  » deux-en-un  » littéraire !

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