Crise Sanitaire COVID -19, une contagion exceptionnelle

La crise sanitaire de la COVID-19 a engendré des conséquences néfastes sur l’économie mondiale. Les réactions de lutte contre la propagation du virus, prises par les gouvernements, étaient strictes. Au début, à Wuhan le berceau de l’épidémie, là où les premières réactions ( décisions) politiques ont été mises en place à savoir le confinement total, qui représente un facteur clé de la récession économique qu’on vit aujourd’hui.

Malgré cela, la conscience d’une crise sanitaire grave n’est apparue, pour plusieurs pays, qu’au début du mois de mars, la question problématique était « fallait-il sacrifier l’économie pour sauver des vies ? ». Comme il est difficile d’appréhender les répercussions de cette crise sanitaire sur les économies des pays. Il était difficile à décider sur-le-champ le confinement total, mais il était aussi essentiel d’agir contre la crise sanitaire et limité des risques humains.

Puisqu’il est impossible de stopper la crise économique avant la fin de la crise sanitaire. Les gouvernements ont essayé de limiter les dégâts humains tout en évitant des conséquences économiques plus graves. La mise en place du confinement était incontournable puisqu’il représente le meilleur moyen de lutte contre la propagation du virus.

Les réactions politiques publiques prises tournent autour de la limitation des dégâts économiques. Du côté de l’entreprise, les mesures prises de façon à alléger les dépenses des entreprises en difficultés comme le report des charges salariales, facture, loyer, en France. De plus, l’accord des prêts de soutien aux entreprises. Du coté consommateur, la prise en charge des parties de salaire comme par exemple en Grande-Bretagne, le gouvernement a pris en charge une partie 80% des salaires. Par ailleurs, plusieurs pays ont encouragé le chômage partiel, l’accord des aides sociales. Les Etats-Unis ont opté pour un plan de relance massif, 2000 milliards de dollars ont été injectés dans leur économie, afin de la soutenir, pour toutes les catégories (particuliers, entreprises, autorités locales et des Etats, santé publique, prêts étudiants et Allocation sociales).

Ces mesures sont orientées sur quatre axes principaux, identifiés par l’organisation internationale de travail OIT, à savoir la stimulation de l’économie et l’emploi, le soutien des emplois et des revenus et la protection des travailleurs et des lieux de travail.

Pour stimuler l’économie et protéger les entreprises, les réactions politiques des pays étaient d’opter pour une politique budgétaire active et une politique budgétaire conciliante, ils ont accordé des prêts de soutien à des secteurs spécifiques. Pour soutenir les travailleurs et protéger les revenus, les pays ont accordé des aides aux entreprises et aussi aux ménages, ils ont également prolongé les chômages, garanti le maintien de l’emploi pour certains pays comme la Chine. Par ailleurs, plusieurs entreprises sont passé au télétravail, ont facilité l’accès aux congés rémunérés et renforcé les mesures de sécurité.

Néanmoins, l’impact de cette crise sanitaire sur l’économie était plus grave qu’attendu, plusieurs secteurs d’activités ont été touchés notamment le secteur des services, de commerce de production ce qui a mis le marché de travail sous pression.

La contagion

Les répercussions de la crise sanitaire de la COVID-19 sur l’économie est inédite. Le choc est passé d’un choc localisé à un choc généralisé impactant l’offre aussi bien que la demande pour tous les pays.

La transmission du choc est « multicanal », d’une part, un effet choc d’offre représentée par l’arrêt ou quasi-arrêt, induit par le confinement, de plusieurs activités, le ralentissement de l’activité commerciale et notamment la distribution, la hausse des faillites des entreprises et la restriction de l’offre de travail. D’autre part, un effet choc de demande engendré par la hausse du chômage en l’occurrence le chômage partiel, l’arrêt de l’investissement et la diminution de la consommation.

Les conséquences de confinement sont la récession de l’économie mondiale, la FMI prévoit une chute du PIB de 7,5% pour la zone euro. De plus, l’OIT estime que la crise de la COVID-19 va détruire entre 5.3 millions et 24.7 millions d’emploi dans le monde.

Dans une économie mondiale interconnectée, un choc économique d’un pays peut empirer les situations économiques des autres. En Chine, les conséquences de mesures de lutte contre la propagation de virus ont des impacts sur l’économie mondiale. Puisque la Chine représente un moteur de production mondial, la chute de la production chinoise induite par le confinement total ralenti ses commerces ce qui réduit les importations des matières premières. Ceci a un effet contagion sur la majorité des pays d’Afrique et d’Amérique latine qui exportent vers la chine, ce qui diminue leurs revenus et freine leurs activités économies surtout pour les pays en voie de développement puisque les exportations représentent une part importante de leurs PIB. D’un autre côté, la récession économique a entraîné une diminution de la demande et donc une diminution des prix des plusieurs matières premières. En ajoutant la fermeture des frontières ce qui a engendré la chute de tourisme.

Toutefois, ce qui rend la présence d’un effet contagion plus claire, le ralentissement de l’activité économique de plusieurs pays d’Afrique observé avant même la prise des premières mesures de lutte contre le virus en l’occurrence le confinement. Ce qui prouve la propagation de choc économique d’un secteur à un autre et d’un pays à un autre.

Toutes ces répercutions de la crise sanitaire ont crée une instabilité économique et financière dans tous les pays du monde. Actuellement, les gouvernements essayent de limiter les effets de la crise COVID-19 sur l’économie pour que les dégâts ne soient pas permanents et pour faciliter la reprise après le dé confinement.

Jusqu’aujourd’hui la vitesse de reprise d’activités économiques ainsi que de récupération des pays face à la crise est imprévisible, puisque l’impact de la crise de la COVID-19 sur l’économie dépend de la durée de cette crise sanitaire et l’impact des mesures de réaction prises par les autorités.

Par : DR. Khaled Guesmi directeur de recherche du département économie, énergie et politique. & Directeur, Centre de recherche sur l’énergie et le changement climatique (CRECC). Il est également professeur affilié à l’université de Ottawa. Dr Guesmi est le co-auteur du livre Cryptofinance and Mechanism of Exchange (Springer), ainsi que du livre Risk Factors and Contagion in Commodity Markets and Stocks Markets (Word Scientific). De plus, Khaled Guesmi est le fondateur du International Symposium on Energy and Finance Issues
et chef de projet du programme Horizon 2020 pour la recherche et l’innovation de la Commission européenne. Ce programme s’est concentré sur de nouveaux modèles de coopération entre l’UE et la région du sud-est de la Méditerranée, qui devraient promouvoir une refonte radicale des stratégies énergétiques de ces pays, en mettant l’accent sur les politiques de durabilité et d’efficacité. Dr Guesmi est co-auteur du livre Cryptofinance and Mechanism of Exchange (Springer), ainsi que du livre Risk Factors and Contagion in Commodity Markets and Stocks Markets (Word Scientific),

Mounira El Bouti est doctorante en sciences de gestion et enseignante à l’IMT Business School, Elle travaille essentiellement sur la transformation numérique des entreprises et les questions de genre. Elle est également journaliste et a notamment collaboré avec le HuffingtonPost Maghreb, MondafriqueTunis Hebdo et Le Monde Arabe.  Elle s’intéresse à l’actualité politique et économique, ainsi qu’aux évolutions des sociétés maghrébines après le « printemps arabe », dont le développement du leadership féminin.

Mayssa Mhadhbi, doctorante à l’ESC Tunis en cotutelle avec Ecole Supérieure de Commerce de Tunis (ESCT) & Center of Research for Energy and Climate Change (CRECC)-Paris School of Business. sa thématique de recherche porte sur la contagion et l’intégration financière.