Crise mondiale : un plan d’action pour l’Afrique

Au moins six institutions ont signé, lundi, à Dakar, un plan d’action africain contre la crise mondiale. D’un montant de quinze milliards de dollars, ce financement devrait s’étendre sur trois ans sous forme de prêts. Il vise à soutenir le système financier et le secteur privé. Ce plan a été paraphé en prélude des 44e Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine développement (BAD) qui se tient mercredi et jeudi à Dakar, la capitale sénégalaise. Mais suffira-t-il pour endiguer la crise?

La crise mondiale sera sans doute le principal sujet des 44e Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui se tient mercredi et jeudi à Dakar, au Sénégal. Dans son rapport dénommé Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2009, l’Organisation de développement et de coopération économique en Europe (OCDE) a signalé, lundi, que l’Afrique sera victime, en 2009, d’un « tassement brutal » de son produit intérieur brut (PIB). De +5,7% en 2008, la croissance de l’économie du continent ne devrait se situer qu’autour de 3% cette année. +2,8% précisément, indique le rapport.

Pour faire face à cette situation dont les conséquences seraient désastreuses pour le continent, des bailleurs de fonds ont signé lundi, dans la capitale sénégalaise, un plan d’action d’un montant de 15 milliards de dollars. Dans un communiqué publié en prélude des Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement, ils affirment que ce financement qui s’étalera sur trois ans, vise à appuyer les systèmes financiers et les prêts au secteur privé. Ont signé ce plan, la Banque africaine de développement, elle même, la Banque européenne d’investissement (BEI), la Coopération financière allemande, la Société internationale islamique de financement du commerce, la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).

Soutenir le secteur privé et les ménages

Aussi louable soit-il, cet effort des partenaires en développement du continent restera insuffisant. Louis Kaskende, l’économiste en chef de la Banque africaine de développement (BAD) a estimé, dimanche, que le continent aura besoin, à court terme, de 50 milliards de dollars pour maintenir son niveau de croissance. Pour minimiser les effets de cette crise, il a indiqué que le secteur privé et les ménages doivent être soutenus et un certain niveau d’investissement dans les infrastructures maintenus. Autrement, toute avancée réalisée sur le continent ces dernières années pourrait s’effondrer. Les pays exportateurs de pétrole et de minerais seraient les plus touchés en raison de la baisse de la demande au niveau mondial. « La possibilité de cercle vieux existe pour le continent, une crise économique engendrant une crise financière et sociale, avec l’amputation de moitié de la croissance du PIB réel et l’apparition des déficits budgétaires et de balance des paiements », indique les PEA.

« Je reste résolument optimiste », a tout de même lancé ce mardi Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD). « Il y a des régions, comme en Afrique orientale, où le taux de croissance reste toujours au delà de 5% malgré la crise. Dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le taux de croissance moyen est autour de 3,5%. Ce n’est pas mal mais c’est insuffisant. Mais cela montre à quel point les économies africaines sont vraiment résistantes », a-t-il affirmé.

Reprise attendue en 2010

Comparativement à dix ans plus tôt, indique les PEA, l’Afrique est mieux préparée pour faire face à la crise. Plusieurs pays ont engagé des réformes macroéconomiques prudentes au cours des dernières années. Cela a permis de renforcer leur situation fiscale et de réduire l’inflation à des niveaux inférieurs à 10 %. Nombre de pays ont également bénéficié d’allègement substantiel de leurs dettes. Conséquence, les ratios de services de la dette sur exportation se situent à des niveaux bas.

Les PEA prévoient d’ailleurs une reprise de la production en Afrique en 2010. La croissance du PIB du continent, dit le rapport, devrait alors s’établir à près de 4,5%.