Crise en Tunisie : l’Allemagne tente une médiation

Le ministre allemand des Affaires étrangères est attendu ce mercredi à Tunis pour tenter de trouver un terrain d’entente entre le gouvernement tunisien dominé par les islamistes et l’opposition.

Dans l’attente d’un second round des pourparlers entre les islamistes d’Ennahda et l’opposition, le chef de la diplomatie allemande est attendu, ce mercredi à Tunis, pour tenter une médiation. La tâche s’annonce ardue après l’échec lundi de la première phase des négociations entre les deux camps. Après trois semaines de lutte acharnée provoquée par l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, les opposants au gouvernement actuel dominé par Ennahda n’ont toujours pas obtenu gain de cause : la démission du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC).

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a pour objectif « d’encourager ses interlocuteurs, dans cette phase cruciale de la transition politique, à ne pas rompre le fil du dialogue et à trouver des compromis », selon un porte-parole de la diplomatie allemande. Le responsable politique allemand doit rencontrer dans l’après-midi le Président Moncef Marzouki et le patron du puissant syndicat UGTT, Houcine Abassi, qui a parrainé le premier cycle des pourparlers. Il doit également s’entretenir jeudi avec le chef du gouvernement Ali Larayedh et les représentants de deux partis d’opposition, Nidaa Tounès et le Parti républicain.

Une situation au point mort

Pour l’heure, Ennahda ne démord pas et table sur sa proposition d’élargir sa coalition avec deux partis « laïcs » et promet d’organiser des élections en décembre prochain. Ce mardi, le parti a tenté une démonstration de force en organisant une important manifestation à l’occasion de la célébration de la journée des acquis de la femme tunisienne. Le parti avait d’ailleurs placé sa marche sous la bannière : « les femmes de Tunisie, piliers de la transition démocratique et de l’unité nationale ». Une manière pour Ennahda d’insister sur le maintien des « institutions transitoires » issues d’élections libres, organisées en octobre 2011 et toujours en place, faute de consensus sur la Constitution.

L’opposition avait elle aussi organisé une marche gigantesque, même plus « une manifestation historique, étant donné les circonstances difficiles que le pays traverse », selon Najoua Makhlouf, une responsable de l’UGTT. Les deux camps, Ennahda et opposition, doivent se revoir prochainement pour un acte 2 des pourparlers. L’Allemagne, par la voix de son ministre, parviendra-t-elle à trouver une issue favorable à la crise ?