Crise en Libye : Rabat soutient le gouvernement, Alger se range du côté d’Haftar

Alors que le Maroc soutient le gouvernement libyen dans la crise qui frappe le pays, l’Algérie s’est rangée du côté du général Haftar qui mène depuis plusieurs semaines, avec ses troupes, des combats contre les milices islamistes.

Le souverain marocain a reçu un appel téléphonique, jeudi 5 mai, de Nouri Aboussahmein, le président du Congrès national général (CNG) libyen, indique un communiqué royal. Cet entretien téléphonique intervient deux jours après la tenue, en Suisse, d’une rencontre à propos de la crise libyenne, organisée par la Fondation Mohamed Benjelloun, un homme d’affaires basé à Genève.

Le président du CNG, l’équivalent du Parlement, a, selon la même source, « sollicité lappui du souverain et du royaume du Maroc pour assurer un succès à l’expérience libyenne ». De son côté, Mohammed VI a réitéré « la nécessité de préserver l’unité nationale et territoriale de la Libye. SM le Roi a souligne à cet égard que le dialogue national, incluant toutes les composantes du peuple libyen, est la voie à même de dépasser cette phase », ajoute le communiqué.

La conversation téléphonie ainsi que le texte écrit par le Palais révèle la position du Maroc dans le dossier du conflit en Libye. Rabat a choisi son camp, les institutions « démocratiquement élues ». Une position que ne partage pas l’Algérie qui a pour sa part décidé de soutenir le général Khalifa Haftar, rapporte Yabiladi. Ce général à la retraite, ancien dissident du régime Kadhafi, mène depuis plusieurs semaines, avec l’appui de l’armée, une opération contre les milices islamistes et les forces loyales au gouvernement Maitiq.

Le général Haftar s’est dit favorable à l’intervention de l’armée algérienne afin de sécuriser les frontières. D’ailleurs, dans une interview accordée à la chaîne Al Mehwar, ce dernier a affirmé « avoir conseillé ceux qui exercent le pouvoir à Tripoli de laisser le soin de la sécurisation des frontières du pays à l’Algérie ».