Crise au Nord-Mali : les populations dénoncent l’inaction des autorités

Le collectif des ressortissants du Nord-Mali (Coren) est en colère. Malgré la forte pluie qui s’est abattue sur Bamako ce mercredi 4 juillet, ses sympathisants ont tenu à exprimer leur mécontentement face à l’inaction des autorités maliennes dans la gestion du conflit armé qui secoue le septentrion du Mali depuis plus de trois mois. C’était à l’occasion d’un sit- in organisé par le Coren sur la place de l’indépendance de Bamako.

(De notre correspondant)

C’est sous une pluie battante arrosant Bamako le matin du 4 juillet que les ressortissants des régions Nord du Mali ont organisé leur sit-in de protestation contre l’inaction des autorités dans la gestion de la crise politico-militaire que connait le Mali depuis le 22 mars. Pour les sympathisants du collectif des ressortissants du Nord- Mali (Coren), il est temps pour le gouvernement d’agir afin de libérer les trois régions sous occupation des groupes armés. « Trop c’est trop, les populations de Gao, Tombouctou et Kidal souffrent aujourd’hui. Il est temps d’agir afin de les libérer de cet enfer », dénonce Ibrahim Maiga, jeune sympathisant du Coren.

« Libérez le Nord »

Pour les manifestants qui ont bravé la pluie, l’heure est maintenant aux actes concrets pour sauver ces trois régions. « L’Etat au Nord » ; « Libérez le Nord » ; « La guerre au Nord » tels sont les slogans scandés par la foule. Une foule a également tenu à dénoncer les destructions de mausolées de Saints survenues le week-end dernier à Tombouctou, cité inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. « Les populations du Nord se sentent de plus en plus abandonnées. L’avenir est incertain pour elles car elles ne savent plus à quel saint se vouer. C’est un devoir pour nous d’être à leur coté en ces moments difficiles qu’elles traversent », soutient Alhouséni Touré un cadre de la région.

Les députés maliens montent aussi au créneau. Par la voix du 8e vice-président de l’Assemblée nationale, Konimba Sidibé, les représentants du peuple invitent le gouvernement à prendre rapidement toutes les mesures nécessaires permettant une intervention de l’armée malienne pour libérer les régions du Nord, avec l’appui de la communauté internationale (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Union Africaine, ONU).

Rencontre de Ouagadougou

Cette marche de protestation s’est tenue à quelques jours du sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui sera consacré à la transition au Mali. La rencontre qui se tiendra dans la capitale burkinabé, Ouagadougou, samedi 7 juillet verra la participation du président par intérim Dioncounda Traoré, de retour après sa convalescence à Paris suite à son agression par des manifestants pro junte. Les représentants des partis politiques maliens seront aussi au rendez-vous.

Dans la capitale du Burkina-Faso, il sera surtout question de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, comprenant toutes les sensibilités politiques du Mali et des acteurs de la société civile. Un gouvernement qui, selon la Cedeao, devrait être accepté de tous. Cela afin de mieux gérer la grave crise politico-militaire qui secoue le pays depuis plus de trois mois.

Lire aussi :

 Mali : Cheikh Modibo Diarra loin devant Dioncoundia Traoré jugé « out »

 Tombouctou, un patrimoine mondial en péril

 Nord-Mali : Gao sous le contrôle des islamistes