Crise au Burundi : les Etats-Unis et le Rwanda accusés d’ingérence

Le gouvernement burundais a vivement critiqué, mercredi, « l’ingérence » des Etats-Unis dans les affaires intérieures du Burundi. Il a accusé le Rwanda d’entraîner des militaires « putschistes » en vue de venir attaquer sur le sol burundais.

Critiqué par la communauté internationale, le gouvernement du Burundi, par la voix du ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, Alain Aimé Nyamitwe, a accusé, ce mercredi 22 juillet 2015, les Etats-Unis et le Rwanda de tenter de déstabiliser le pays.

La position américaine « cache mal l’ingérence de cet Etat dans les affaires intérieures d’un Etat souverain, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, de l’Acte constitutif de l’Union Africaine », a indiqué le ministre, dans un communiqué. Il réagissait à celui du Département d’Etat des Etats-Unis publié le 21 juillet dernier, le jour de l’élection présidentielle. Washington avait été parmi les premiers à condamner une élection « non crédible » qui discrédite « davantage » le gouvernement burundais.

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« L’expression de compassion à l’égard des réfugiés burundais »

Alors que le gouvernement burundais avait convié les observateurs américains à se rendre au Burundi, les Etats-Unis avaient refusé, en justifiant que les conditions n’étaient pas réunies pour la tenue d’un scrutin « crédible, transparent et équitable ». Alain Aimé Nyamitwe ironise ensuite sur « l’altruisme démontré dans l’expression de compassion à l’égard des réfugiés burundais ». Il critique la stratégie américaine de se focaliser à outrance sur les Burundais qui quittent le pays pour décrédibiliser le gouvernement du Burundi. Le ministre des Relations extérieures conteste le chiffre avancé par les Etats-Unis, basé selon lui sur aucune source, de 167 000 personnes qui se seraient réfugiées dans les pays limitrophes.

Les Etats-Unis sont accusés de « vilipender une seule partie » en ciblant le pouvoir en place comme le responsable de la suspension des négociations sous la facilitation ougandaise, sans évoquer le rôle de l’opposition. Le pays est critiqué pour son intrusion dans les affaires africaines pour avoir critiqué encore le gouvernent qui a retardé le déploiement des experts de l’Union Africaine. « Vive le Panafricanisme ! Vive le Burundi ! », conclut le communiqué.

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« Entraînements militaires de citoyens burundais sur le sol rwandais »

Alors que les rumeurs se faisaient de plus en plus pressentes, Alain Aimé Nyamitwe a confirmé officiellement les allégations répétées sur la présence au Rwanda de généraux ayant pris part à la tentative de coup d’Etat, le 13 mai dernier à l’encontre du Président Pierre Nkurunziza. « Nous avons communiqué à ce pays, par les canaux appropriés, le sentiment négatif du Burundi suite aux allégations faisant état d’entraînements militaires de citoyens burundais sur le sol rwandais pour venir attaquer le Burundi », a-t-il déclaré, mercredi, sur les ondes de la RFI.

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Il a précisé que les personnes arrêtées au cours de l’attaque du 10 juillet dernier avaient déclaré unanimement avoir été entraînées au Rwanda. La question est de savoir si les autorités rwandaises ont joué un rôle actif ou si ces personnes ont réussi à tromper la vigilance des autorités, conclut-il. L’attaque avait été revendiquée par les putschistes.