Crise au Burundi : bilan mitigé pour la diplomatie

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Le Burundi sera-t-il la pierre d’achoppement de la diplomatie dans la région des Grands Lacs ? Une semaine de visites de la communauté internationale, du secrétaire général de l’ONU aux cinq hauts dignitaires africains, s’est achevée sans qu’aucune avancée majeure ne laisse espérer un règlement pacifique de la crise qui traverse le Burundi depuis le printemps 2015.

A Bujumbura,

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C’est Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l’ONU, qui a ouvert dès lundi le bal des visiteurs de la diplomatie internationale sur le tarmac de l’aéroport de Bujumbura. Après s’être entretenu avec la société civile, l’opposition politique et le Président Pierre Nkurunziza, sa visite s’est conclue sur un engagement du gouvernement burundais à libérer près de 2 000 prisonniers et participer à un « dialogue inclusif » avec l’opposition. Premier signe d’infléchissement du régime, un doute subsiste pourtant toujours sur les prisonniers concernés par cette libération qui pourrait en réalité exclure ceux emprisonnés depuis le début des troubles. Le porte-parole de la présidence, Willy Nyamitwe, a précisé par ailleurs sur Twitter que le « dialogue inclusif » ne pouvait en aucun cas inclure des opposants « responsables de violence ».

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La position du gouvernement burundais reste donc inchangée, ce dernier refusant, depuis le début de cette crise, de discuter avec l’opposition notamment en exil, qu’il qualifie de « putschiste ». S’exprimant sur Twitter, Charles Nditidje, chef du parti d’opposition UPRONA, s’est dit profondément déçu de la visite du Secrétaire général. Si la délégation de l’Union Africaine avait suscité plus d’espoir, la suite du bal des chefs d’Etat africains, dont les Présidents gabonais, sénégalais, mauritanien, sud-africain et le Premier ministre éthiopien, n’affectera en rien la position burundaise sur le dialogue inclusif.

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Tout au plus une augmentation du contingent d’observateurs militaires et des droits de l’Homme de l’UA déjà présent au Burundi et jugé par la plupart des observateurs extérieurs comme peu efficace, a-t-elle été acceptée sans que les conditions exigées par le gouvernement burundais en retour ne soient bien claires. Peut–être est-ce le retour de l’aide bloquée par la communauté internationale tel que demandé dans le communiqué final de la visite de la délégation de l’UA. A l’issue de cette semaine de discussions, la participation du Burundi aux contingents de missions de la paix de l’ONU en République centrafricaine (MINUSCA) et de l’UA en Somalie (AMISOM) ne semble pas avoir été abordée. L’International Crisis Group avait pourtant souligné, dans un rapport publié cette semaine, que cette participation était essentielle à la survie du régime, dotant les deux institutions d’un levier considérable pour la négociation.

La diplomatie n’a donc pas réussi, cette semaine, à convaincre les parties en présence de s’attaquer à un véritable dialogue, laissant la place ouverte à de nouveaux actes de violence des deux parties.