Crise au Burkina Faso: fin des concertations

Le cadre de concertation des sages mis en place par le président de transition du Burkina Faso, Michel Kafando, pour résoudre la crise entre le Premier ministre Isaac Zida et la garde présidentielle, a pris fin ce mardi. Les partis politiques se seraient rangés du côté de l’armée en acceptant un limogeage du chef du gouvernement.

Le président de transition burkinabè Michel Kafando avait mis en place un cadre de concertation des sages qui devaient effectuer une médiation pour résoudre la crise entre le Premier ministre Isaac Zida et le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) soutenu par l’armée. Les sages ont rencontré la société civile, les partis politiques, les responsables militaire et des ministres du gouvernement. Leurs travaux se sont achevés ce mardi.

Chaque acteur doit maintenant délivrer ses conclusions et apporter des solutions pour résoudre le conflit qui a débuté le 28 juin dernier. Isaac Zida avait accusé le RSP d’avoir voulu le renverser qui avait dénoncé une tentative de déstabilisation de la part du chef du gouvernement, soutenu ensuite par l’armée appelant à sa démission. Le chef d’Etat qui déclarait récemment qu’il aurait tout mis en œuvre « pour que la paix soit préservée dans notre pays », sous-entendant un échec des négociations devait intervenir à l’issue de la réunion, elle a été reportée à vendredi prochain, rapporte RFI.

La société civile vent debout contre le RSP

Les différents protagonistes ont presque tous campé sur leur position, notamment les chefs d’Etat-major des forces armés qui ont renouvelé leur appel à l’éviction des militaires du gouvernement dont le Premier ministre. Isaac Yacouba Zida, en conflit avec le RSP dès sa nomination quand il a voulu dissoudre cet unité d’élite, est critiqué notamment pour avoir passé une réforme militaire pour être promis de lieutenant-colonel à général. Le report de l’âge de la retraite des militaires n’avait pas non plus été apprécié.

Les partis politiques ont semblé en revanche se ranger du côté de l’armée, aussi bien l’ancienne majorité pro-Campaoré que ceux qui étaient opposés au chef d’Etat démissionnaire. La société civile, notamment le Conseil national des organisations estime le RSP responsable de cette situation, dénonçant son intrusion sur la scène politique. Elle a appelé à revoir les missions de ce corps et à le détacher de la présidence.

La fin de cette concertation intervient alors que la Transition apparaît fragilisé après la condamnation lundi du Burkina Faso par la Cedeao pour avoir adopté un code électoral excluant les anciens partisans de Blaise Campaoré des prochaines élections qui débutent en octobre prochain.