
La Fédération djiboutienne de football (FDF) traverse une nouvelle crise ouverte. Réunis en Assemblée générale extraordinaire ce lundi, 39 délégués de clubs ont voté à l’unanimité la destitution du Comité directeur et de son président, Souleiman Hassan Waberi. La FDF conteste toutefois la légalité de cette réunion et dénonce l’intervention des forces de police dans son siège.
Selon l’agence de presse djiboutienne, les clubs membres de la Fédération Djiboutienne de Football ont tenu lundi une Assemblée générale extraordinaire consacrée à l’avenir de l’instance. Sur les 39 délégués présents, aucun n’a voté contre la révocation du Comité directeur et de son président, Souleiman Hassan Waberi.
La réunion s’est tenue sous le contrôle d’un consultant juridique et d’un huissier de justice, en présence de deux observateurs du Secrétariat d’État chargé des Sports. Après vérification du quorum, les délégués ont procédé au vote sur la révocation de l’équipe dirigeante.
À l’issue du scrutin, un Comité ad hoc a été installé afin d’assurer la continuité des activités de la Fédération pendant la période de transition et de préparer les prochaines étapes en vue de la mise en place d’une nouvelle gouvernance.
Sahardid Hassan Ladieh a par ailleurs été élu à l’unanimité président par intérim de la FDF.
La Fédération conteste la procédure
Cette décision est cependant rejetée par la direction sortante de la FDF. Dans un communiqué publié ce lundi 5 octobre, la Fédération affirme que des éléments des forces de police ont investi son Centre technique national, qui abrite son siège, dès dimanche 4 octobre.
Selon la FDF, les forces de l’ordre ont demandé lundi au président, aux membres du Comité directeur, à une partie des membres de la Fédération et aux employés de quitter les locaux. Un groupe de 16 présidents de clubs aurait ensuite pénétré dans le siège sous escorte policière pour tenir l’Assemblée générale extraordinaire.
La Fédération considère cette réunion comme « dépourvue de toute base statutaire ». Elle affirme que la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire à la demande des membres nécessiterait les deux tiers des 67 membres de la FDF, soit au moins 45 membres. En conséquence, la FDF considère que la réunion des 16 présidents de clubs « comme dépourvue de toute base statutaire. Toute décision qui y aurait été prise est nulle et non avenue et ne saurait lui être opposée ».
La menace d’une sanction internationale
La FDF estime que l’intervention des forces de police pourrait également constituer une ingérence dans la gestion des affaires du football djiboutien.
« Les Statuts de la FIFA (articles 14 et 19) imposent à chaque association membre de gérer ses affaires de manière indépendante et sans ingérence de tiers. L’intervention de la force publique pour écarter des instances régulièrement élues est susceptible d’être qualifiée d’ingérence et d’exposer le football djiboutien à : la suspension de la FDF par la FIFA et la CAF; l’exclusion des sélections nationales et des clubs djiboutiens de toutes les compétitions internationales; le gel des programmes de développement et des financements de la FIFA et de la CAF et la non-reconnaissance de toute instance issue de cette réunion », indique le communiqué de la FDF.
« La FDF porte ces faits à la connaissance de la FIFA et de la CAF et se réserve le droit d’engager toutes les voies de recours utiles à la protection de ses droits, de ses biens et de ses dirigeants légitimes », ajoute la FDF.
A Djibouti, la gouvernance de la FDF fait depuis plusieurs semaines l’objet de contestations. Des clubs souhaitent le départ de Souleiman Hassan Waberi, dont la gestion est de plus en plus critiquée.




